samedi 23 février 2013

L'Abbaye Royale de FONTEVRAUD


Située à 18 km de Saumur, cette nécropole royale (Plantagenêts) voire cette cité monastique est fondée à partir du XII ème siècle et transformée au cours des siècles suivants.

Les quatre premières filles de Louis XV y furent élevées et c'est Napoléon, en 1804, qui décide de la transformer en prison. Jean Genet y passa quelques temps.

C'est en 1975, qu'est créé le Centre Culturel de Rencontre qui propose de lier le patrimoine et la société contemporaine.






Gisants d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II

Richard Coeur de Lion et Isabelle d'Angoulême



















Cuisines romanes
Cheminées des cuisines romanes

Gravures faites par les anciens prisonniers





Merci à Elisabeth pour cette belle journée… <3








mercredi 20 février 2013

L'Araignée ou comment dompter ses phobies...

...Par l'apprentissage de la beauté



J'aime l'araignée

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait.

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives 
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! Fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre, 
L'araignée un gueux ;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit, 
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal. 
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! Plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie,
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pourvu qu'on oublie
De les écraser.

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour, 
La mauvaise bête et la mauvaise herbe, 
Murmurent : Amour !

Victor HUGO (Les Contemplations)

lundi 18 février 2013

jeudi 14 février 2013

St Valentin



La fête dont se moquent les amoureux et qui rend tristes les coeurs esseulés...

mardi 12 février 2013

Le Petit Chat Noir

Naoun
J'ai peu vécu de la vie terrestre, où j'étais noir. Noir entièrement, sans tâche blanche au poitrail, ni étoile blanche au front. Je n'avais même pas ces trois ou quatre poils blancs, qui poussent aux chats noirs dans le creux de la gorge, sous le menton. Robe rase, mate, drue, queue maigre et capricieuse, l'oeil oblique et couleur de verjus, un vrai chat noir.

Mon plus lointain souvenir remonte à une demeure où je rencontrai, venant à moi du fond d'une salle longue et sombre, un petit Chat blanc; quelque chose d'inexplicable me poussa au-devant de lui, et nous nous arrêtâmes nez à nez. Il fit un saut en arrière, et je fis un saut en arrière en même temps. Si je n'avais pas sauté ce jour-là, peut-être vivrais-je encore dans le monde des couleurs, des sons et des formes tangibles.
Mais je sautais, et le Chat blanc crut que j'étais son ombre noire. En vain j'entrepris, par la suite, de le convaincre que je possédais une ombre bien à moi. Il voulait que je ne fusse que son ombre, et que j'imitasse sans récompense tous ses gestes. S'il dansait je devais danser, et boire s'il buvait, manger s'il mangeait, chasser son propre gibier. Mais je buvais l'ombre de l'eau, et je mangeais l'ombre de la viande, et je me morfondais à l'affût sous l'ombre de l'oiseau...
Le Chat blanc n'aimait pas mes yeux verts, qui refusaient d'être l'ombre de ses yeux bleus. Il les maudissait, en les visant de la griffe. Alors je les fermais, et je m'habituais à ne regarder que l'ombre qui règnait derrière mes paupières.
Mais c'était là une pauvre vie pour un petit Chat noir. Par les nuits de lune je m'échappais et je dansais faiblement devant le mur blanc, pour me repaître de la vue d'une ombre mienne, mince et cornue, à chaque lune plus mince, et encore plus mince, qui semblait fondre..
C'est ainsi que j'échappai au petit Chat blanc. Mais mon évasion est une image confuse. Grimpai-je le long du rayon de lune ? Me cloîtrai-je à jamais derrière mes paupières verrouillées ? Fus-je appelé par l'un des chats magiques qui émergent du fond des miroirs ? Je ne sais. Mais désormais le Chat blanc croit qu'il a perdu son ombre, la cherche, et longuement l'appelle; Mort, je ne goûte pourtant pas le repos, car je doute. Peu à peu s'éloigne de moi la certitude que je fus un vrai chat, et non pas l'ombre, la moitié nocturne, le noir envers du chat blanc.

Colette

dimanche 10 février 2013