jeudi 10 mai 2018

A l'intérieur de Notre Dame de Reims

Deuxième volet de notre visite de la Cathédrale de Reims.


 "Lumière Divine" de Greg TRICKER

 Vitraux de Marc CHAGALL

 Vitraux d'Imi KNOEBEL



 Mosaïque romaine








dimanche 6 mai 2018

"Le Surveillant" de David Von Grafenberg

David, las de sa carrière dans la mode, décide d'accepter un peu par hasard ce job de surveillant (on dit assistant d'éducation) de collège des beaux quartiers. 

"Je n'aimais pas les enfants, car j'avais peur qu'ils voient en moi tout ce que je ne voulais pas qu'ils me rappellent, ce qui faisait moi, que je ne maîtrisais pas et ce pour quoi je ne pouvais rien. Mais, derrière chaque peur, il y a un attrait."

Dans chaque chapitre, David raconte un collégien et à chaque fois, ce que cet élève a permis de révéler en lui : une forme de thérapie par le don de soi.

Nous voici propulsés à l'intérieur de ce collège où sont mis à nu les petits et les grands désespoirs.

Quelques morceaux choisis : 

"A peine entré dans ce petit bâtiment en pierre de taille du XIXè siècle, l'odeur me surprit, un mélange de craie, de poussière et de bois humide. Aucun souvenir ne me vint à l'esprit. juste une sensation étrange, emplie de mélancolie et d'appréhension à la fois, aussi familière qu'indistincte."

"L'autorité n'est pas acquise d'entrée de jeu, elle se mérite et se fonde sur le partage. Et ça, ils vous le font vite comprendre."

"Cela soulagea ma dépression que le vide autour de moi avait laissé naître."

"(...) J'étais heureux d'aller à l'école. Celle faite de coeurs et non de cours."

"Et puis seule comptait l'affection que m'inspiraient les enfants. Ce sentiment, dans toute sa sincérité et son désintéressement, se révéla être le meilleur bouclier, la meilleure parade contre toute agression."

"Pareillement, naissait un sentiment d'appartenance à l'école, à ces enfants. Il y avait de la fraternité dans cette affection. Petit à petit, par la force des choses, nous nous appropriions mutuellement."

"La vie me nomma gardien, un temps, d'un univers qui ne se laisse pas capturer, dont aucun témoignage, aucune photo, ne restituera la réalité. Un monde fermé aux adultes, à ceux-là mêmes qui ont trop souvent oublié l'avoir connu, il y a longtemps."

"En ayant aidé à l'envol des enfants et veillé sur leurs mues, j'avais construit le cercueil de ma propre adolescence. Ma jeunesse pouvait enfin reposer en paix."





samedi 5 mai 2018

Notre Dame de Reims : la Cathédrale des anges.


Il m'aura fallu presqu'un an pour vous livrer ces photos prises lors d'une sortie familiale !
Pour la peine, je ferai deux publications : une à l'extérieur et une à l'intérieur. La richesse des lieux et le poids de leur histoire sont sans doute la cause de ma lenteur. 

La construction de cette cathédrale a commencé en 1211 mais elle n'était pas la première. La présence d'un évêque a été attestée à Reims au IIIè siècle. La première cathédrale se situe au niveau du parking St Symphorien. 
Au début du Vè siècle l'évêque Nicaise décide d'installer sa cathédrale sur d'anciens thermes romains. Plusieurs édifices se succèdent. En 1210 un nouvel incendie le frappe et dès 1211, un fabuleux chantier démarrera jusqu'au XVIè siècle, donnant naissance à celle que l'on connaît, ce fleuron de l'architecture gothique.


2303 statues ornent l'édifice mais "l'ange au sourire" est l’emblème de Reims.








Pour en savoir plus, ce reportage :



"La Femme qui ne vieillissait pas" de Grégoire DELACOURT


Imaginez un instant la vie que vous auriez si, à partir de 30 ans, vous ne vieillissiez plus extérieurement, seul votre organisme continuerait à prendre de l'âge. 

C'est finalement le rêve de beaucoup : arrêter le temps, pourtant Betty souhaiterait vieillir "normalement".

On retrouve avec joie l'écriture poétique et imagée de Grégoire DELACOURT et ses thèmes de prédilection : la famille, la nostalgie, la musique, la légèreté empreinte d'émotion. 

Quelques morceaux choisis : 

"Les rencontres les plus décisives sont toujours les plus simples me semble-t-il, juste un hasard, une seconde d'inattention et voilà l'autre qui s’immisce, nous réchauffe alors que nous n'avions pas froid."

"Il aimait bien regarder chez les gens. Les observer. Cela le rassurait de voir que la douleur était partout. Que des garçons de son âge étaient rentrés d'Algérie avec des blessures inguérissables, des cœurs arrachés, des bouches cousues pour ne pas raconter, des paupières collées pour ne pas revivre les horreurs. 
Il vitrait les silences comme on referme les cicatrices."

"Notre famille était une espèce en voie de disparition. Une fleur qui ne s'ouvrait plus au matin."

"Je le voyais rire comme jamais je ne l'avais vu rire, un rire du ventre de la terre."

 "Il n'est pas de chagrin d'homme qui ne puisse devenir une source d'amour."

"On fait un enfant, dit-elle, et il devient une tragédie, une honte de nous-même, quelle indignité moi qui avais toujours pensé qu'être mère immunisait contre le malheur."

"Non seulement j'étais aimée mais j'étais aussi préférée."

"J'aimais l'odeur de la sciure dans ses cheveux, de fougères, de sève sur sa peau ; j'aimais l'impatience de ses larges mains qui me déshabillaient-arrachaient mes vêtements, plutôt j'aimais son appétit de moi, insatiable, ses soupirs, ses râles, sa façon de m'étreindre, de m'étouffer, de m'aspirer en lui comme un buvard l'encre, son talent à me faire perdre pied ; j'aimais sa conjugaison amoureuse."

"Il a eu des mots méchants, comme toujours les hommes quand ils ont peur."

"Peut-être devenons-nous ceux qui nous manquent. Peut-être remplissons-nous le vide, par l'angoisse du vide. Peur-être cristallisons-nous ceux qu'ils ont été pour le garder auprès de nous toujours."

"Vieillir est douloureux et féroce, c'est laisser s'enfuir, sans qu'on puisse rien y faire, la suavité de sa peau, son grain laiteux, c'est laisser s'envoler les regards d'avant, qui venaient se poser sur nous... Ces regards gourmands, affamés souvent, qui nous font nous sentir belles et savoureuses, et dont l'insistance, la vulgarité, sont des louanges."

"Je suis contente aussi que les choses ne durent pas, tu sais, qu'elles s'achèvent, car cet achèvement charrie ce qui nous tue, comme ce qui nous libère. Et j'ai besoin de cette liberté maintenant Betty."






Géométrie parisienne


En attendant le train...