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dimanche 26 mars 2017
dimanche 8 janvier 2017
"Les Brumes de l'apparence" de Frédérique DEGHELT
Un
magnifique roman sur les choix de vie, l'amour, la mort, l'amitié, les
croyances, les religions... Une fois commencé, on ne peut plus le lâcher
!
Quelques citations :
"Il était mon homme, mon mari, mon amant, mon habitude aussi... Mon... Ce petit mot qui prône l'appartenance et couve l'ignorance."
"Il était mon homme, mon mari, mon amant, mon habitude aussi... Mon... Ce petit mot qui prône l'appartenance et couve l'ignorance."
"Refuser, c'est ne pas être prêt à accueillir ce qui vient. Et ce qui vient le sait, alors il s'en va, sans nous avoir abordé."
"La vie, ce n'est pas les molécules mais les liens qui existent entre elles." Pr Linus Pauling
"On peut tout entendre d'une amie. Si ce n'est la silence de sa
désertion. Ta trahison me fragilise car elle induit la crainte d'un
désistement des autres. De ces êtres qui comptent et dont il faut
prendre soin."
"L'amour des autres, le vrai, n'a rien à voir avec
la tendance flasque à aimer ou à accepter l'affection de n'importe qui.
L'amitié est une considération humaine profonde, une prédisposition à
être relié à la lumière d'un être différent de toi."
"Vos
disputes viennent presque toujours de ce que vous ne vous entendez pas
sur les mots, parce que votre langage est incomplet pour les choses qui
ne frappent pas vos sens." Allan Kardec
"La cécité non répertoriée des intransigeants."
"Je quitte celle qu'il aimait pour me trouver."
"Plus on prête attention aux coïncidences plus elles se produisent." Nabokov
"Les amis réparent les blessures irrémédiables."
"Je préférais la folie de mes fantômes à la raison bornée des vivants ignorants."
"On ferme les yeux des morts avec douceur, c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants." Jean Cocteau
"J'ai fini par considérer que la période de l'adolescence est une
immense traversée d'un désert surpeuplé de mauvaise foi et
d'incompréhension à sens unique."
"Ce que nous appelons le hasard n'est et ne peut-être que la cause ignorée d'un effet connu." Voltaire
"Je découvre que l'odeur, comme en amour, est la première trace tangible et presque indicible de l'émoi."
"Je ne vais pas user de la stupidité à la mode consistant à regarder
tout ce qu'on ne peut pas expliquer comme une fraude." Carl Gustav Jung
"Ma mère ne m'a pas appris grand-chose et le reste elle me l'a caché ! Au final, ça ne fait pas beaucoup de transmission."
"Il est des choses à côté de l'intelligence de l'homme et pour
lesquelles notre langage , borné à nos idées et à nos sensations, n'a
pas d'expressions."
"Le doute est une chose terrible parce qu'on
ne sait pas très bien comment il grandit ni à quel moment il fout en
l'air toutes nos certitudes. Mais ce dont on peut être sûr, c'est que
pour l'éliminer, il faut aller le chercher à sa racine. La fragilité
qu'induit en nous le doute finit par peser comme une enclume. "
"Vous les voyez, vous ?
- Qui ?
- Les morts.
- Les âmes, vous voulez dire ? Je les entends. Je les sens parfois, si elles ne disent rien et ne désirent pas communiquer.
- Alors je ne serai plus jamais normale ?
- L'étiez-vous ? Vivre sans savoir ce qu'on fout là, où on va se retrouver après, pourquoi on est venu, ça vous paraît normal comme postulat ? "
- Qui ?
- Les morts.
- Les âmes, vous voulez dire ? Je les entends. Je les sens parfois, si elles ne disent rien et ne désirent pas communiquer.
- Alors je ne serai plus jamais normale ?
- L'étiez-vous ? Vivre sans savoir ce qu'on fout là, où on va se retrouver après, pourquoi on est venu, ça vous paraît normal comme postulat ? "
"- L'amour est la seule chose qui vaille la peine
qu'on s'y attarde. En tout cas celui qu'on porte aux autres. Pas celui
que l'on mendie. Et tu sais pourquoi ?
- ... ?
- Parce que c'est la seule chose qu'on emmène dans la mort. C'est ce qui survit de part et d'autre."
- ... ?
- Parce que c'est la seule chose qu'on emmène dans la mort. C'est ce qui survit de part et d'autre."
"Je photographie l'endroit, pousse un juron devant l'absence de réseau,
enrage de ne pouvoir lui envoyer tout de suite et réalise la bêtise de
notre monde de l'immédiateté. Vivre en différé, attendre, perdre du
temps, de l'espace : un luxe ce que je ne connais plus.Tout, tout de
suite, à portée de main, d'ordinateur, du regard, de compréhension.
Monde du non-désir, tout avoir et ne plus rien sentir. "
"Je vais vivre et non plus exister. Il existe un sourire réservé à ceux qui savent. "
" La matière est faite de particules mouvantes, tout comme la lumière,
l'énergie et les esprits. Ce qui se passe dans un atelier est mille fois
plus magique qu'on ne l'imagine en voyant le résultat. Avec les années
et le recul, je m'aperçois que la vie est comme un tableau, on y voit ce
qu'on ne croyait pas y avoir peint. Même quand on s'intéresse plus à
l'ensemble qu'au détail. Moi-même, en tant qu'artiste, je conçois pour
que ce soit vu, mais j'ai appris à ne plus faire confiance à mes yeux.
Si l'on doit admettre que ce qui ne se voit pas n'existe pas et ne
mérite pas de nom, alors notre naïveté est sans bornes ..."
"Les
nuits ne sont belles qu'éclairées d'un rayon de lune, la pénombre n'est
sensuelle qu'à la douceur d'une clarté qui la rend possible. Nous
n'aimons le noir absolu que lorsqu'il s'éclaire."
dimanche 23 mars 2014
Le Temps
Le Temps
Que fait le temps ?
Que fait le vent ?
Un temps pour voir, le temps d'une gloire,
Un vent d'espoir où l'on prie d'avoir...
... Le temps qui passe.
Le vent qui amasse et qui entasse
Sans que ça lasse ni ne tracasse
De suivre ses traces pleines de grâce
Pour ôter la crasse, moins faire la grimace.
Qui fait le temps ?
Qui fait le vent ?
Le temps de croire qu'il fait noir
Qu'un vent du soir va faire oublier de vouloir...
...Le temps des promesses.
Un vent nous caresse et nous disperse
Sans que ça blesse, sans que ça laisse
Aux quatre vents naissent les chaleurs épaisses
Enrayent la vieillesse, suppriment toute paresse.
Qui a du temps,
A tous les vents ?
Le temps d'être deux pour être heureux
Et pour un peu sentir qu'on veut...
...Un temps s'unir.
Pour un sourire sans même frémir,
Consentir enfin à s'offrir.
Aimer le dire sans craindre le pire
Et puis gémir à en mourir.
Fred RAGUENEAU
samedi 8 mars 2014
Honfleur en Mars
"Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleux propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées de navires, aux gréements compliqués, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux pour celui qui n'a ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir. " Charles Baudelaire
Place Ste Catherine
Ste Catherine
Art de la rue
Ami 8 : "Ceci n'est pas une voiture... C'est un art de vivre." (Cf. Titi)
dimanche 29 décembre 2013
Drôles d'oiseaux !
A force d'aimer,
Les fleurs, les arbres, les oiseaux,
A force d'aimer
Les sources, les vals, les coteaux,
A force d'aimer
Les trains, les avions, les bateaux,
A force d'aimer
Les enfants, leurs dés, leurs cerceaux,
A force d'aimer
Les filles penchées aux rideaux,
A force d'aimer
Les hommes, leur rage, leur ciel,
A force d'aimer
Il devint un jour éternel.
vendredi 27 décembre 2013
samedi 16 novembre 2013
Lettre intemporelle
Ma chère Carlotta,
Me voilà hélas ! bien loin de ce grand Paris où j'ai beaucoup de peine à me réinstaller. Plus de Salève ni de Jura, le matin devant mes yeux, rien que la brume enveloppe au fond du jardin, les grêles peupliers. Je me consolerais bien vite de ne plus voir les montagnes avec leurs couronnes de neige si vous étiez là. Votre présence dissiperait le brouillard et ferait briller le soleil du printemps à travers cette bruine qui éteint le jour. Quelque effort que je fasse, je me sens envahir par une invincible mélancolie. Il pleut dans mon âme comme dans la rue. J'avais pris une si douce habitude de vivre près de vous qu'il me semblait que ça ne devait jamais finir. Mon départ, tant de fois différé après un séjour plus long que je n'aurais osé l'espérer, m'a surpris comme une catastrophe inattendue. Je ne pouvais y croire et quand les roues du wagon ont commencé à tourner, elles m'ont fait le même mal que si elles me passaient sur le coeur.
Voilà déjà six jours que je ne vous ai vue, six grands jours éternels, et qu'est-ce que six jours à côté des mois qui vont s'écouler, oh! combien lentement, avant que je puisse vous revoir ! Je me suis déjà ennuyé pour une année au moins. Mon âme est restée à St-Jean près de vous, et je ne sais que faire de mon corps. (...)
N'est-ce pas, cher ange, que vous ne m'oublierez pas, que vous me garderez la petite place que vous m'avez faite dans votre coeur et que vous ne m'ôterez pas l'espérance qui me soutient et me fait vivre ? Je suis plein de doute et de trouble ; malgré vos douces paroles et marques de votre tendresse, je n'ose croire que j'aie fait quelques progrès dans votre attention. Les difficultés de nos rares et courtes entrevues, presque toujours dérangées par des gêneurs (ce mot de la charade que vous ne compreniez pas), la froideur apparente dont vous vous armiez pour détourner le soupçon d'un amour trop transparent de mon côté, ont ôté aux dernières semaines de mon séjour la charmante intimité des premiers mois. La journée qui , disiez-vous en souriant, n'était pas finie, lorsque je réclamais un baiser, quelquefois ne commençait pas, vers la fin. Il me semblait à de certains moments que vous ne m'aimiez plus ou que vous m'aimiez moins.
Pourtant le matin du départ, dans le petit salon, lorsque je vous faisais d'une main tremblante les petits dessins que vous m'aviez demandés, j'ai cru voir vos yeux fixés sur moi se troubler et devenir humides. Cela vous faisait donc un peu de chagrin de voir celui qui vous aime tant s'éloigner pour bien longtemps peut-être ? Pour moi, j'étais navré, mais au milieu de tout ce monde, je n'ai pas pu exprimer ma douleur profonde. Oh ! pourquoi n'ai-je pas eu une demi-heure à moi pour vous serrer contre mon coeur, pleurer dans votre sein, et laisser mon âme entre vos douces lèvres, avec un long et suprême baiser ?
Sempre vostrissimo
Théophile GAUTIER (lettre de Théophile Gautier à Carlotta GRISI, sa belle soeur...)
jeudi 17 octobre 2013
Le Port de Saint Florent
Adieu
(…)
Déjà ma barque fugitive
Au souffle des zéphyrs trompeurs,
S'éloigne à regret de la rive
Que m'offraient des dieux protecteurs.
J'affronte de nouveaux orages ;
Sans doute de nouveaux naufrages
Mon frêle esquif est dévoué,
Et pourtant à la fleur de l'âge,
Sur quels écueils, sur quels rivages
N'ai-je déjà échoué ?
Mais d'une plainte téméraire
Pourquoi fatiguer le destin ?
A peine au milieu du chemin,
Faut-il regarder en arrière ?
Mes lèvres à peine ont goûté
Le calice amer de la vie,
Loin de moi je l'ai rejeté ;
Mais l'arrêt cruel est porté,
Il faut le boire jusqu'à la lie !
(…)
Alphonse de LAMARTINE, Méditations Poétiques
vendredi 1 mars 2013
POUM !
Naoun
Je suis le diable. Le diable. Personne n'en doit douter. IL n'y a qu'à me voir, d’ailleurs. Regardez-moi, si vous l'osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert-poison, veinés de brun, comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles, et des griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes ? Je ne sais pas. Cent mille, peut-être. J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive - pour tout dire, diabolique.
Je suis le diable, et non pas un simple chat. Je ne grandis pas. L’écureuil, dans sa cage ronde, est plus gros que moi. JE mange comme quatre, comme six- JE n'engraisse pas.
J'ai surgi, en mai, de la lande fleurie d'œillets sauvages et d’orchis mordorés. J’ai paru au jour, sous l'apparence bénigne d'un chaton de deux mois. Bonnes gens ! Vous m'avez recueilli, sans savoir que vous hébergiez le dernier démon de cette Bretagne ensorcelée. "Gnome", "Poulpiquet", "Kornigaret", "Korrigan", c’est ainsi qu’il fallait me nommer, et non «Poum» ! Cependant, j'accepte pour mien ce nom parmi les hommes, parce qu'il me sied.
"Poum", le temps d'une explosion, et je suis là, jailli vous ne savez d'où. "Poum" j'ai cassé, d'un bond exprès maladroit, le vase de Chine, et "Poum!" me voilà collé, comme une pieuvre noire, au museau blanc du lévrier, qui crie avec une voix de femme battue..."Poum!" parmi les tendres bégonias prêts à fleurir, et qui ne fleuriront plus… "Poum!" Au beau milieu du nid de pinsons, qui pépiaient, confiants, à la fourche du sureau… "Poum!" dans la jatte de lait, dans l'aquarium de la grenouille, et "Poum !" enfin, sur l'un de vous.
Ce soir, tandis que le jardin arrosé sent la vanille et la salade fraîche, vous errez, épaule contre épaule, heureux de vous taire, d’être seuls, de n'entendre sur le sable, quand vous passez tous deux, que le bruit d'un seul pas...
Seuls ? De quel droit ? Cette heure m'appartient. Rentrez ! La lampe vous attend. Rendez-moi mon domaine, car rien n'est vôtre, ici, dès la nuit close. Rentrez ! ou bien "Poum!" je jaillis du fourré, comme une longue étincelle, comme une flèche invisible et sifflante.
Faut-il que je frôle et que j'entrave vos pieds, mou, velu, humide, rampant, méconnaissable?… Rentrez ! Le double feu vert de mes prunelles vous escorte, suspendu entre ciel et terre, éteint ici, rallumé là. Rentrez en murmurant : "il fait frais" pour excuser le frisson qui désunit vos lèvres et desserre vos mains enlacées. Fermez les persiennes, en froissant le lierre du mur et l'aristoloche.
Je suis le diable, et je vais commencer mes diableries sous la lune montante, parmi l'herbe bleue et les roses violacées. JE conspire contre vous, avec l'escargot, le hérisson, la hulotte, le sphinx lourd qui blesse la joue comme un caillou.
Et gardez-vous, si je chante trop haut, cette nuit, de mettre le nez à la fenêtre: vous pourriez mourir soudain de me voir, sur le faîte du toit, assis tout noir au centre de la lune .
La paix chez les bêtes de Colette
mercredi 20 février 2013
L'Araignée ou comment dompter ses phobies...
...Par l'apprentissage de la beauté

J'aime l'araignée
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait.
Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! Fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux ;
Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.
Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! Plaignez le mal !
Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie,
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pourvu qu'on oublie
De les écraser.
Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe,
Murmurent : Amour !
Victor HUGO (Les Contemplations)
jeudi 11 octobre 2012
"L'Aube est moins claire "
L'aube est moins claire, l'air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l'azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! Voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s'en va d'un pas précipité !
Il semble que nos yeux qu'éblouissait l'été,
Ont à peine le temps de voir les feuilles vertes.
Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L'automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l'été qui s'enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu, ciel bleu ! Beau ciel qu'un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d'ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,
Adieu rayonnements ! Aubes ! Chansons ! rosées !
Puis tout bas, on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! Vous reviendrez ! Me retrouverez-vous ?
Victor HUGO
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