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mercredi 3 juin 2020

Vu de Serge Joncour


La vie quotidienne pas si banale d'une famille de paysans et une critique acerbe des médias. Truculent et burlesque à souhait. Un roman de Serge Joncour qui m'avait échappé ! Une vraie gourmandise.

Un passage qui m'a plu et il y en a pléthore !
"Misère que toutes ces sécrétions, des fluidités de toutes sortes, émanations d'autant plus discriminantes que c'est au raffinement du camouflage que s'avère la véritable stature sociale. De ce point de vue, comme on le dit dans la famille, mieux vaut sentir mauvais que l'eau de Cologne à dix sous. [...] dès lors qu'on est en voiture ressort de chacun une part d'animalité contre laquelle on ne peut rien. Et bien qu'il existe toute une cosmétique automobile, un tas de dispositifs qui vont du feu rouge qui pendouille au sapin au menthol, de la rose sucrée à la chlorophylle en barres, pour subtils qu'ils soient, tous ces petits subterfuges dénoncent bien plus qu'ils ne parfument vraiment. C'est pourquoi nous autres, nous qui respectons trop les roses pour leur demander de couvrir nos odeurs de pieds, après vingt kilomètres de route on commençait à souffrir vraiment. Quoi q'on fasse, à six dans une voiture, ça a vite fait de sentir le confiné, d'autant que nous n'avions pas le droit d'ouvrir les vitres, ni la moindre aération, sans quoi le chignon de la grand-mère menaçait déconstruction."

dimanche 21 janvier 2018

Rachid KHIMOUNE à l'Artsenal de Dreux


 Rachid KHIMOUNE expose à l'ArTsenal de Dreux jusqu'au 1er avril 2018.







 Abbey Road
 Vélobipède : hommage à Van Gogh



 La Kabyle

 Je ne vois rien, je n'entends rien, je n'entends rien

 Démon de la musique

 Ali Bobar

 Poisson dans bocal


Tortue américaine

Prise de tête
Strange Fruit en hommage à Billie Holiday, que l'on entend en fond sonore : bouleversant.

 

dimanche 14 janvier 2018

Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER


J'ai ri ! Quelle verve ! Quelle ironie ! J'avais vu le film (avec Gérard LANVIN) et pourtant, je ne me suis pas ennuyée une minute !! Je vous le conseille vivement !

Jean-Pierre, "veuf sans enfant ni chien", à la retraite depuis 7 ans, est un homme bourru, aigri, à l'humour plus que sarcastique.
Un jour après un étrange accident, il se retrouve cloué à un lit d'hôpital où il va devoir côtoyer tout un tas de gens qu'il avait réussi à éviter jusqu'alors.

"Il m’arrive parfois de verser ma larmette. C’est de l’incontinence de mémoire, de l’énurésie de sentiment."

"Je tenais à mes parents, même si c'était des parents, avec tous les défauts que ça peut sous-entendre, question autorité et interdictions. Je tenais à mon père, surtout. Je le trouvais balèze, pas seulement pour ses biceps plus épais que des cuisses. Il était fort, vraiment. Droit planté dans ses bottes. Riche de convictions, à défaut d'autre chose. Un gueulard, un sanguin, mais qui trempait ses mouchoirs aux mariages, aux baptêmes, appelait ma mère Mon p'tit bouchon d'amour, en se foutant pas mal du ridicule, et n'avait jamais peur de lui dire Je t'aime.
L'homme que j'aurais sûrement bien aimé devenir."

"L'espoir, c'est bon pour les rêveurs et les adolescents.
Moi, j'ai des souvenirs.
A mon âge, c’est plus sûr qu’avoir des ambitions."

"On m'a intubé le bazar pour cause d'écrasement de l'urètre, ce qui fait qu'ajouté à l'oedème des baloches, on dirait que je sors d'une greffe de biniou."

"Mais même s'il n'y a plus de battements de cœur,, quand l'autre meurt, quelque chose de nous l'accompagne...Ceux qui partagent notre vie en gardent un morceau dans le fond de leur poche. C'est leur lumière qui s'éteint, c'est à nous qu'il manque un éclat."

"Il avait droit à tous les noms d'oiseaux. Tantouze, lopette, p'tite fiotte, pédé, c'était les plus flatteurs et les plus distingués.
Son père était routier et le cognait chaque dimanche pour le guérir de ses mauvais penchants. Sa mère le consolait et l'appelait mon bébé. Il se faisait charrier par tous les cons de mon âge.
Sa vie n'était qu'une tartine de fiel sur un quignon de pain moisi.
Il s'est jeté du toit de sa maison, à la fin d'un week-end trop long. Sûrement découragé par la bêtise humaine. Il a raté son grand plongeon, et s'est retrouvé paraplégique.
Il avait à peine quinze ans.
Quand j'ai appris ce qui lui était arrivé, je me suis senti merdeux, même si je n'y étais pour rien à titre personnel - à titre plus "personnel" que les autres, en tout cas. Je ne lui avais jamais adressé la parole. Mais les regards en coin, les rires gras, les clins d'oeil, ça aussi ça peut pousser quelqu'un dans le vide, je crois. Du coup, si on fait bien le compte, on était quelques uns à le faire sauter du toit, ce soir-là. Son père en première ligne, et nous autres, en renfort. Nous tous, les hommes forts."

"Il faut se rendre à l'évidence, la plupart des femmes n'ont pas besoin de nous : un ballotin de chocolats leur suffit amplement à remplacer l'orgasme."

"Parmi mes petites joies retrouvées, ridicules et intimes, je peux aller pisser tout seul.
Je sais que ça n’a l’air de rien, mais je mesure à présent, à ce genre de choses anodines, la distance ténue qui sépare une vie normale d’une vie de chiotte, et c’est sans jeu de mots."

"On appelle ça mourir bêtement.
Je ne connais pas de morts intelligentes."

"Si je devais trouver un mot pour bien me définir, je pense que c'est "ptose" qui conviendrait le mieux. Tout mon corps semble avoir subi un glissement de terrain.
Pour le visage, ce n'est pas une découverte, je me rase tous les matins. Mes grands yeux en amande ont depuis longtemps cédé la place à ceux d'un Saint-Hubert. Le visage a glissé d'un cran, le cou ballotte un peu, mais le front est plus haut. Si haut qu'un jour prochain il rejoindra ma nuque. Par contre, je découvre avec étonnement que je suis arrivé à cet âge glorieux où les durs pectoraux se changent en vieux seins, où le ventre recouvre l'amorce du pubis, où les fières petites burnes, jadis si haut perchées, serrées dans leur scrotum comme dans un calebar, sont devenues deux lourds battants de cloche dans l'attente d'un suspensoir.
Je dois pouvoir mieux faire encore. Perdre d'autres cheveux. Semer deux ou trois dents.
Dégringolade et avachissement." 
 
"La mort nous fait penser à la mort, par association d'idées, je suppose. Celle des autres nous ramène à la nôtre, à celle de nos proches, à l'éventualité de notre disparition. Cette "éventualité" qui est notre seule certitude, mais que l'on traite avec un curieux scepticisme, comme si on pouvait se permettre d'en douter. On vit tous en sachant qu'on marche vers la mort. On fait comme si de rien n'était. Mais il suffit d'un accident sur le bord de la route, d'un parent qui nous quitte, d'un téléphone qui sonne au milieu de la nuit, d'un médecin qui tire la gueule en regardant nos analyses, et elle revient, cette vieille salope. Elle nous met la main sur l'épaule, nous fout des frissons dans le dos."
 
"Une maladresse qui vient du cœur se pardonne plus volontiers qu'un silence confortable. Elle s'oublie plus vite, également."
 
 




Je n'ai pas toujours été un vieux con d'Alexandre FERRAGA


Un roman très agréable et parfois jubilatoire suite aux déclarations cyniques et acerbes de ce vieux chnock obligé finir des jours dans une maison de retraite. Très attendrissant.

"Chaque chambre porte un nom de fleur. Aux Primevères l'avenir est assuré. Les enfants peuvent continuer d'abandonner leurs géniteurs et la science peut continuer ses progrès car il existe encore un paquet de noms de fleurs et un paquet de chambres à ouvrir. Avec les appellations de fromage ils auraient été peinards aussi."

"Les souvenirs ne suffisent à personne. Ils ne servent même à rien si personne ne les entend. Gardés enfouis, ils alimentent l'incontrôlable nostalgie du bonheur passé. Ils finissent par s'effilocher comme une couverture qui traverse de nombreux hivers." 

"Si les vieux radotent, ce n'est pas pour emmerder leur entourage, c'est pour bien garder à l'esprit tous les bons et mauvais moments qu'ils ont vécus. Pour se rappeler qu'ils ont eu une vie, que l'état de décrépitude dans lequel ils se trouvent ne résume pas leur existence."

"Avant d'arriver ici, je pensais entrer au musée des horreurs. Un version gériatrique de la fin du monde. Avec ballet de croque-morts tous les trois jours et marche funèbre pour danser le samedi soir."

"C'est beau la jeunesse. Au menu, purée de pomme de terre, viande hachée, pain de mie et comporte de poires. De la haute gastronomie infantile."

 "Le temps que tu as traversé est écrit sur ta peau. Tu es vivant aujourd'hui par le temps que tu as vécu hier. Tu peux mentir, changer de visage ou même de nom, tu seras toujours ce que tu as vécu. Si la personne à laquelle tu parles ne t'entend plus ou si tu n'as plus personne à qui parler, alors tu n'existes plus."

"C'est étrange, la mémoire ne retient pas la voix des gens morts. Les visages sont presque indélébiles, les mots sont à peu près justes, la voix, elle, disparaît. C'est toujours notre voix intérieure qui parle pour les autres. Je parle là des gens que l'on a bien connus, parce que pour les autres, il ne reste presque plus rien, ni visage, ni voix, tout juste une vague émotion qui traverse l'esprit. La mémoire est un luxe."

"C'est peut-être cela l'avenir du commerce et de la science. Pouvoir acheter du temps. Le clampin moyen passe son temps à le tuer en remplissant les espaces vides par un tas de saloperies en plastique, chevaux sous la capot ou machines tyranniques. Et puis il se lasse de toutes ces choses qu'il n'arrive plus à ranger. Il se lasse tant qu'il en crève. Un jour viendra où tout aura été acheté et vendu mille fois. Il n'y aura plus rien pour remplir les espaces vides. Il faudra tuer la mort en achetant du temps. Quelle blague. "

"La maladie prend beaucoup. Soit nous acceptons qu'elle prenne tout, soit nous décidons qu'elle n'aura plus la dernière goutte, ce que nous sommes. Roger a une maladie, il n'est pas LA maladie."

"La peur ne remplit pas, elle vide. C'est une sangsue qui boit le peu de lucidité qui nous reste face à un évènement déstabilisant."

"Jack m'aide à enfiler mon pantalon et des chaussettes. J'ai encore des difficultés pour m'habiller. Ma prothèse et moi en sommes encore au vouvoiement."

"Ils ont même inventé des pilules pour que nous bandions encore. Je ne suis pas contre mais il faut avouer que certains débris mériteraient d'être poussés plus rapidement vers la sortie. nous allons bien nous marrer quand cinquante pour cent de la population aura plus de 65 ans. Quand un tiers bavera, le menton collé à la poitrine, le cerveau mité par l'industrie pharmaceutique. Quand les salaires des actifs couvriront à peine le maintien des retraites. Quand les vieux, effrayés par le lendemain, ne dépenseront plus un kopeck, ni en croisières, ni en pilules pour bander. Lorsque les têtes dirigeantes auront les poches vides, ils réfléchiront à deux fois avant de conchier les partisans de l'euthanasie. (...) Pauvres pays riches. Il y a sur cette foutue Terre des gosses qui ne passeront pas leur jeunesse par malnutrition et nous, nous poussons plus loin les limites de la vie. (...) Une guerre opposant des bougres qui essaient de vivre contre une armée qui n'arrive plus à mourir, il y aurait de quoi pisser de rire."

"Je n'ai pas moins vécu sans lire une seule ligne d'une seule oeuvre de monsieur je-ne-sais-qui. Je n'ai pas moins folâtré qu'un autre ni mangé moins d'abricots et de mandarines qu'un foutu rat de bibliothèque."



vendredi 24 novembre 2017

jeudi 15 juin 2017

"Mon dernier cheveux noir" de Jean-Louis FOURNIER


Un roman très drôle de Jean-Louis Fournier !

"Je regarde une vieille photo. J'étais pas mal, avant. Pourquoi, chaque année, je me trouve de moins en moins bien ? Peut-être parce que c'est l'hiver ? Si vous passez l'hiver, vous verrez : l'été, c'est pareil. Vous savez comment on s'aperçoit qu'on est vieux ? Quand, même bronzé, on reste moche. "

"Rappelez-vous que « passé cinquante ans, si on se réveille sans avoir mal nulle part, c’est qu’on est mort » partout"

  "Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort… Je crains que ce soit héréditaire. "

  "Moins on a de souffle, plus on a de bougies à souffler. Soupire le centenaire "

"J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour éteindre les soixante bougies. Tout le monde rit dans mon dos. Je pense qu’ils se foutent de ma gueule. "

"En vieux français hip-hop se dit Parkinson. "

  "Vous savez comment on appelle le curriculum vitae d’un vieux ? Des archives. "

  "Avant, je brûlais ma vie à feu vif. Maintenant, je laisse mijoter, à feux doux. C’est plus long, mais c’est meilleur. "

"Il y a cinquante ans, la durée moyenne de vie était de soixante-dix ans.
La durée moyenne d'un film était de quatre-vingt dix minutes.
Aujourd'hui, la durée moyenne de vie est de quatre-vingt dix ans.
La durée moyenne d'un film de cent vingt minutes.
C'est mieux?
Ça dépend du film."

mercredi 14 septembre 2016

Antibes

 Profitez des derniers jours de l'exposition de Nicolas Lavarenne à Antibes ! Le 18 septembre ce sera fini !


 Petite curieuse !











 On embarque dans le rêve.

 Pfiou ! Elle est froide !

L'âme de l'Èbre de Jaume PLENSA 
 




J'aime le chat...
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