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vendredi 27 mars 2020

"Né sous une bonne étoile" d'Aurélie Valognes


On a tous eu dans notre scolarité quelqu'un qui nous marqué...
Qu'on soit bon élève ou pas, en tout cas quelqu'un qui, à l'instar de John Keating dans "Le Cercle des poètes disparus", nous a montré une voie différente, qui nous a encouragés parfois à refuser l'ordre établi ou du moins qui nous a permis de nous révéler. Enfin, j'espère ! Finalement en écrivant ces lignes, je me rends compte que non, on n'a peut-être pas tous eu cette chance...

Je fais partie de ces privilégiées qui ont croisé la route d'une de ces personnes à différents moments de ma scolarité : Mme Fuschs, Mme Godard, Mme Dussaucy, Mme Dorison à Dreux M. Citi, M. Leuwers à Tours... Qu'ils en soient remerciés publiquement aujourd'hui. Ils n'ont peut-être pas été aussi spectaculaires que Keating mais leur bienveillance m'a permis d'avancer et d'être aussi qui je suis aujourd'hui.
J'essaie, à mon tour, avec mes élèves, d'être cette personne qui les éveillera voire les révèlera et surtout pas celle qui les diminuera et les dégoûtera à jamais de l'école comme certains profs de ce livre et de la vraie vie.

C'est l'histoire de Gustave, il est en primaire et a beaucoup de difficultés. C'est d'autant plus difficile pour lui que sa grande soeur est brillante et qu'il passe.. après.
Bien sûr, à force d'être perçu et traité comme un mauvais élève, Gustave perd le peu de confiance qu'il avait en lui et finit pas s'en convaincre qu'il est un cancre.

Un livre à conseiller à tous les dys, comme on les appelle : dyslexiques, dyspraxiques... Une lueur d'espoir ! Il existe des Mme Bergamote !!

J'ai un peu moins aimé qu' "Au petit bonheur la chance!" mais je suis certaine qu'il va parler à bon nombre d'entre vous.

De jolies phrases qui résonnent :

"Aujourd'hui, elle préférait revêtir l'uniforme "jean sweat baskets" pour avoir la paix.

"Ce n'est pas normal d'aller à l'école avec la boule au ventre, de faire semblant d'être plus bête que l'on est, juste pour ne pas froisser la médiocrité et le manque d'intelligence certains."

"Quel que soit votre rêve, visez plus haut !"

"Cela faisait plus de 10 ans qu'elle enseignait et pour la première fois elle remarquait que dans "enseigne", il y avait "saigne".  Est-ce fait exprès ?"

"Il était de ces instituteurs chez qui la promesse d'un déodorant 48h paraissait un minimum."

"Je t'aime bien. Tant pis pour toi !"

"Les légumes cramés au fond de la cocotte, c'était le goût des plats concoctés avec amour."

"L'enfance c'est faire des bêtises. Écrire, c'est continuer à en faire."










vendredi 21 février 2020

"La Petite Communiste qui ne souriait jamais" de Lola Lafon


Nadia Comaneci a fasciné toute une génération, moi comprise. Comment oublier les fois où l'on s'est entraîné à exécuter la "sortie Comaneci" aux barres asymétriques ?
Qui ne se souvient pas de ces JO de 1976, de sa grâce et de son talent ? Puis de toutes ces "histoires" autour de son nom et de la famille Ceausescu.

Lola Lafon nous permet de revenir en Roumanie à cette époque de guerre froide et d'essayer de voir plus clair dans cette vie de championne, icône de toute une génération. Le portait d'un gymnaste autant que d'un pays.

Quelques passages qui font réfléchir : 

"...Elle ne sculpte pas l'espace, elle est l'espace, elle ne transmet pas l'émotion, elle est l'émotion."

"Le dernier qui quitte le pays, éteint la lumière en sortant."

"On me montrait une affichette annonçant un rassemblement hommage à la révolution de 1989.
"En 1989, ont-ils donné leur vie pour que nous ayions plus de Coca-Cola et de McDonald's ? Ont-ils donné leur vie pour que nous devenions esclaves du FMI ? Sont-ils morts pour que nous nous enfuyions toujours plus loin de cette Roumanie qui ne peut nous offrir une vie décente ? Morts pour que des milliers de personnes âgées dorment dehors et meurent de froid ? Sont-ils morts pour que cette église orthodoxe soit cette affaire prospère qui ne paie aucun impôt à l'état ? En 1989, ils ont donné leur vie pour notre liberté.  Ce fut leur cadeau de Noël. Qu'avons-nous fait de cette liberté ? Est-elle rangée dans une cave ou la suivons-nous d'un oeil distrait comme une vieille émission télévisée ? ""

"Béla m'a appris à faire du ski, Béla m'a appris à nager, à l'étranger il y avait des choses à visiter, il nous y emmenait, il voulait qu'on s'éduque. Il faisait le guide touristique! C'était bien plus qu'un simple entraîneur... 
-Un coach ?
-Un père. Quel dommage qu'il ait été acheté par les Américains... Aujourd'hui on n'a plus les moyens d'avoir des championnes., les fonds privés ne souhaitent pas investir. On n'a plus d'entraîneur, plus de matériel médical qui permette de détecter et de soigner rapidement les blessées comme on avait avant...Et puis, qui de nos jours ferait tant de sacrifices pour pas grand chose, finalement ?  Notre championne d'Europe en 2004 a été obligée de vendre ses médailles , dans un show télévisé, tout ça pour s'offrir un studio minuscule, d'autres ont posé dans Playboy... Les filles aujourd'hui rêvent d'être top-models. Nous on voulait être imbattables. Tout a changé à la chute du Mur même pour les gymnastes. Aujourd'hui, elles doivent être maquillées en compétition, même à 10 ans. Paillettes, rouge à lèvres, et leurs lycras sont échancrés, plus... sexys. Vous vous souvenez des nôtres ? Pas le même style n'est-ce pas ?"

"On ne pouvait pas être jalouses d'elle, ce qu'elle faisait était trop... loin du possible. Nous étions un brouillon de Nadia. J'ai lu tant de portraits d'elle qui se focalisent sur ses résultats, mais n'importe qu'elle autre sportive désire gagner ! Elle, comment dire ça... elle aimait gagner.. du terrain sur...Nous sommes toutes des brouillons d'elle et je ne parle pas des médailles... "

"On était tellement sûrs que ça ne changerait jamais qu'on s'organisait pour durer, on avait cette vigilance intérieure, pas un instant on n'oublia que ce qu'on nous faisait réciter était faux. Du coup, on se sauvegardait une vie en dehors de l'État. Le communisme ? Mais personne n'y croyait, enfin, pas même les sécuristes. Alors que maintenant... Ils y croient ! Ils en veulent ! Ils sont prêts à tout pour rentrer dans votre Union Européenne, à genoux devant le St Libéral, ils sortent du boulot à 23h, tout ça pourquoi ? Je ne suis pas partie en vacances depuis 6 ans ! Mes parents eux, sous Ceausescu, allaient à la mer et à la montagne, au restaurant, au concert, au cirque, au cinéma, au théâtre? Tout le monde gagnait plus ou moins la même chose. Les prix n'augmentaient presque pas ! Ils avaient constamment peur, c'est vrai, peur qu'on ne les entende dire des choses interdites, aujourd'hui, on peut tout dire, félicitations, seulement personne ne nous entend... Avant on n'avait pas l'autorisation de sortir de Roumanie, mais aujourd'hui, personne n'a les moyens de quitter le pays.... Ah, la censure politique est terminée, mais pas de souci, elle a été remplacée par la censure économique ! Avec ce régime pseudo-libéral qui fait mine de cajoler tandis qu'il empoisonne, on l'ingère parce qu'il n'a pas tout à fait le goût d'un ennemi, on finit par y croire, et à la fin, dans quel état ça vous laisse ? Vidée ! Le communisme a détruit le pays ? Mais aujourd'hui, des sociétés canadiennes chassent des habitants de leur village et s'apprêtent à faire exploser nos montagnes pour explorer les gisements de gaz de schiste, avec la bénédiction du gouvernement roumain, un sacré contrat !"



vendredi 23 août 2019

Les Cendres d'Angela de Franck McCourt


Une plongée dans l'Irlande des années 30, ce récit autobiographique vous fait relativer tous vos petits malheurs. Une enfance terrible racontée sans filtre, sans rancoeur avec la sincérité et l'innocence des enfants qui ne comprennent pas tout.  
Extrêmement émouvant ! Merci Luce pour ce partage.

Quelques passages saisissants :

"Quand je revois mon enfance, le seul fait d'avoir survécu m'étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l'enfance heureuse vaut rarement qu'on s'y arrête. Pire que l'enfance misérable ordinaire, est l'enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l'enfance en Irlande catholique."

"Le maître dit que c'est chose glorieuse de mourir pour la foi, Papa dit que c'est chose glorieuse de mourir pour l'Irlande, et je me demande s'il y a quelqu'un au monde qui aimerait que nous vivions."

"Aimez-la comme quand vous étiez enfant
Même si la voilà faible, âgée, le cheveu grisonnant.
Car jamais ne vous manque l'amour d'une mère
Tant qu'elle n'est pas portée en terre."

"Au cul, le Carême ! De quoi on va se priver quand on a le Carême toute l'année ?"

"C'est une mauvaise chose de mettre ainsi ma soeur et mes frères dans des caisses et j'aimerais bien pouvoir en parler à quelqu'un."

"Vous devez apprendre et étudier afin de vous faire vos propres idées sur l'histoire et tout le reste mais c'est impossible tant qu'on a l'esprit vide. Aussi, meublez votre esprit, meublez-le. C'est la maison qui abrite votre trésor et personne d'autre au monde ne peut s'immiscer à l'intérieur. Si vous gagnez aux courses hippiques et achetez une maison qui a besoin de mobilier, la replier-vous de babioles et de rossignols ? Votre esprit est votre maison et, si vous l'encombrez d'immondices rapportées des cinémas, il pourrira dans votre tête. Vous pouvez être pauvres, vos chaussures peuvent être en piteux état, mais votre esprit est un palais."




samedi 10 août 2019

"Le Livre des Baltimore" de Joël DICKER


Sitôt ouvert, vous ne pouvez plus le lâcher ! Je l'ai acheté après avoir lu "La vérité sur l'affaire Harry Québert" que j'avais vraiment aimé. Là, le suspens est comparable.

C'est l'histoire de la famille Goldman, celle qui vit à Montclair et celle qui réside à Baltimore.
La première est une famille toute simple et l'autre, une à qui tout réussit : "bénie des dieux". Puis soudain, c'est le drame...
Le récit est écrit par le fils Goldman de Montclair qui voue un amour et une admiration sans bornes aux Baltimore. Les relations se nouent, s'intensifient avec le temps et nos nerfs sont mis à rude épreuve. Qu'a-t-il bien pu se passer ?
Génial !

Quelques morceaux choisis :

"Ne nous abaissons pas à fréquenter la médiocrité, car c'est une maladie contagieuse."

"En même temps qu'elle avait mis des étoiles dans ma vie, elle avait instillé une inquiétude : celle de la perdre."

"Dans vingt ans, les gens ne liront plus. C'est comme ça. Ils seront trop occupés à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous savez Goldman, l'édition c'est fini. Les enfants de vos enfants 
regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des Égyptiens. Ils vous diront : "Grand-père, à quoi servaient les livres?" Et vous leur répondrez : " A rêver. Ou à couper les arbres, je ne sais plus." A ce moment-là, il sera trop tard pour se réveiller : la débilité de l'humanité aura atteint son seuil critique et nous nous entretuerons à cause de notre bêtise congénitale (ce qui d'ailleurs est déjà plus ou moins le cas)."

"Il y a eu une époque où les vedettes de l'Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd'hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux-mêmes ou leur assiette."

"Beaucoup d'entre nous cherchons à donner un sens à nos vies, mais nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinées : aimer, être aimer et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu."

"Les regrets sont un concept que je n'aime pas : ils signifient que nous n'assumons pas ce que nous avons été."

"La passion n'a rien à voir avec l'amour. La passion est un no man's land, une zone de guerre bombardée, située quelque part entre la douleur, la folie et la mort."





mercredi 9 janvier 2019

"L'Amie prodigieuse" d'Elena FERRANTE

J'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'histoire. J'ai failli laisser tomber, ne comprenant pas l'engouement général puis j'ai persévéré sur les conseils d'amies et j'ai bien fait ! 
Le livre n'est sans doute pas à incriminer. Certainement pas le moment de commencer ce livre que j'ai fini par trouver formidable !



C'est l'histoire de Lila et Elena, petites filles italiennes à la fin des années 50. Leur amitié est racontée par Elena 60 ans plus tard. 
Il y a forcément un peu de nous dans l'une d'entre elles...

Vite ! La suite !!



Quelques phrases :

"Elle s'arrêta pour m'attendre et, quand je la rejoignis, me donna la main. Ce geste changea tout entre nous, et pour toujours.

Était-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de manière inéluctable ?

C'était comme si, par quelque vilain tour de magie, la joie ou la douleur de l'une impliquaient la douleur ou la joie de l'autre.

Je pensais que la condition humaine était à l'évidence tellement exposée à la furie aveugle du hasard que s'en remettre à un Dieu, à Jésus, au Saint-Esprit, c'était la même chose que faire une collection d'images pendant que la ville brûle dans les flammes de l'enfer.

La lumière blanche de la lune semblait pleuvoir par la large fenêtre.

J'eus l'impression - pour le formuler avec des mots d'aujourd'hui- que non seulement elle parlait très bien mais qu'elle développait un don que je lui connaissais déjà : encore mieux que lorsqu'elle était enfant, elle savait s'emparer des faits et, avec naturel, les restituer chargés de tension; quand elle réduisait la réalité à des mots, elle lui donnait de la force et lui injectait de l'énergie. Mais je m'aperçus en même temps, avec plaisir, que dès qu'elle commençait à le faire, moi aussi je me sentais la capacité de faire pareil : je m'y mettais et ça marchait.

Greco, la beauté que Cerullo avait dans la tête depuis l'enfance n'a pas trouvé à s'exprimer : elle a fini entièrement sur sa figure, dans ses seins, ses cuisses et son cul. Mais ce sont des endroits où la beauté ne dure pas, et après c'est comme si elle n'avait jamais existé."





jeudi 16 août 2018

"Chanson douce" de Leïla SLIMANI


Un livre passionnant et troublant à la fois. 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce livre, je ne vais pas dire grand chose car l'histoire commence par la fin et Leïla SLIMANI détricote l'intrigue et nous transporte du quotidien vers l'horreur. Absolument tout le contraire de ce que peut nous laisser présager la couverture et le titre. 

Quelques phrases intrigantes : 

"Elle était jalouse de son mari. Le soir, elle l'attendait fébrilement derrière la porte. Elle passait une heure à se plaindre des cris des enfants, de la taille de l'appartement, de son absence de loisirs. Quand elle le laissait parler et qu'il racontait les séances d'enregistrement épiques d'un groupe de hip-hop, elle lui crachait: "Tu as de la chance".
Il répliquait:"Non, c'est toi qui a de la chance, je voudrais tellement les voir grandir."
À ce jeu-là, il n'y avait jamais de gagnant. "

"En comptant les heures supplémentaires, la nounou et toi vous gagnerez à peu près la même choses. Mais enfin, si tu penses que ça peut t'épanouir..."
Elle a gardé de cet échange un goût amer."

"On lui a toujours dit que les enfants n'étaient qu'un bonheur éphémère, une vision furtive, une impatience. Une éternelle métamorphose. "

  "Tu vois, tout se retourne et tout s’inverse. Son enfance et ma vieillesse. Ma jeunesse et sa vie d’homme. Le destin est vicieux comme un reptile, il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe."

"On se sent seul auprès des enfants. Ils se fichent des contours de notre monde. Ils en devinent la dureté, la noirceur mais ne veulent rien savoir. "

"La vie est devenue une succession de tâches, d'engagements à remplir, de rendez-vous à ne pas manquer. Myriam et Paul sont débordés. Ils aiment à le répéter comme si cet épuisement était le signe avant-coureur de la réussite. "

"Nous ne serons heureux, se dit-elle alors, que lorsque nous n’aurons plus besoin les uns des autres. Quand nous pourrons vivre une vie à nous, une vie qui nous appartienne, qui ne regarde pas les autres. Quand nous serons libres. "

"Elle marchait dans la rue comme dans un décor de cinéma dont elle aurait été absente, spectatrice invisible du mouvement des hommes. Tout le monde semblait avoir quelque part où aller."

"Elle voudrait élargir l'horizon de ces enfants voués à devenir des gens corrects, à la fois serviles et autoritaires. Des froussards. "

"On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière. "

"Elle doit admettre qu’elle ne sait plus aimer. Elle a épuisé tout ce que son cœur contenait de tendresse, ses mains n’ont plus rien à frôler."

"Son visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses. "

vendredi 27 juillet 2018

"Au petit bonheur la chance" d'Aurélie VALOGNES


Une très jolie histoire de famille qui se passe à Granville, pleine de douceur et de bonheurs simples. J'ai beaucoup aimé !

"Parce que derrière chaque imprévu de la vie se cache une chance d'être heureux!" C'est ce que nous dévoile une partie de la 4è de couverture.
En 1968, Jean est confié vite fait par sa mère à sa grand-mère. Ce devait être pour l'été le temps qu'elle leur trouve un "chez eux" et un travail...

Quelques moments choisis :

"Entre eux, de toute façon, c'est plus fort qu'une histoire d'amour. C'est une histoire de vie, une tranche épaisse et généreuse d'amitié, débordante de crème et de beurre, où l'amour, celui qui finit mal en général, n'a pas sa place. Entre eux, rien ne finira jamais. "

"Ceux que tu aimes le plus vont et viennent, repartent et reviennent. En prenant un bout de ton cœur à chaque fois. Mais tu ne vas pas te priver d'aimer de peur de devoir souffrir un peu? Tout ce bonheur ne vaut-il pas un petit pincement au cœur? "

"Une vraie famille, c'est aussi quand on se sent à l'aise même sans rien se dire, sans rien faire de particulier. Ensemble, tout simplement. "

"Il est de retour chez lui, il a grandi, et il peut encaisser, toujours plus. Il n’a plus peur. Les chances d’être heureux sont là, partout, il suffit de les respirer, comme l’air frais marin, et d’en embellir leurs vies. "

"Jean la serre dans ses bras : son odeur de savon à la lavande mêlée au pain perdu beurré l'entête. Ce parfum-là restera comme celui de son bonheur avorté. Celui de l'enfance qui s'achève, avec ses illusions. "

"Lucette n'a pas beaucoup de sous, les repas sont simples, mais riches d'amour. Cela doit être ça, "le secret" des recettes de grand-mères."

"Jean a toujours préféré les crayons à papier. Il passe son temps à les tailler et à sniffer les copeaux dans le réservoir du taille-crayon. Rien de mieux pour le jeune rêveur que l'odeur du bois fraîchement coupé : il n'a qu'à affûter la mine pour se retrouver en pleine forêt de cèdres. Le mieux, c'est encore qu'on a le droit de gommer. Là encore, la gomme a un parfum magique. Surtout les bicolores, avec leur côté bleu qui fait des trous dans les feuilles : au moins, la faute, on ne la voit plus ! Mais le top du top olfactif, c'est le petit pot de colle blanche avec sa pelle miniature glissée au centre. La reine des colles : Cléopâtre. "

"- On ne choisit pas les surprises de la vie, mon petit. On fait avec, et souvent, c'est pour le meilleur.
- C'est ça la foi, Mémé ?
- Non, ça, c'est la vie. "

mardi 5 juin 2018

"Juste après la vague" de Sandrine COLLETTE


Un roman approprié en ce moment !

Le monde a été englouti suite à une vague géante causé par un volcan. Neuf enfants et leurs parents sont juchés en haut de la colline où se situe leur maison. Autour d'eux : rien que de l'eau... Ils sont seuls, depuis 6 jours, personne n'est venu. Les denrées se font rares : il va falloir prendre une terrible décision...

Un roman qui met mal à l'aise, l'horrible succède à inattendu, à l'insupportable. On ne peut pas rester insensible.

Quand même de jolies phrases :

"La mort qui approche en tenant les regrets par le bras..."

"Est-ce donc lui qui la rend si transparente ? Si c'était son regard à lui qui ne savait plus la voir."

"Elle a juste perçu le très léger déchirement à l'intérieur, jusque dans les vibrations de son corps, une partie sur le bateau avec six enfants, une partie qui reste sur l'île avec les trois autres."

"Trois petites erreurs. Et puis s’en vont."

"Pas besoin de mots pour entailler l'âme et la chair n'est-ce pas, le silence suffit, quand il se charge de tant de choses."

dimanche 6 mai 2018

"Le Surveillant" de David Von Grafenberg

David, las de sa carrière dans la mode, décide d'accepter un peu par hasard ce job de surveillant (on dit assistant d'éducation) de collège des beaux quartiers. 

"Je n'aimais pas les enfants, car j'avais peur qu'ils voient en moi tout ce que je ne voulais pas qu'ils me rappellent, ce qui faisait moi, que je ne maîtrisais pas et ce pour quoi je ne pouvais rien. Mais, derrière chaque peur, il y a un attrait."

Dans chaque chapitre, David raconte un collégien et à chaque fois, ce que cet élève a permis de révéler en lui : une forme de thérapie par le don de soi.

Nous voici propulsés à l'intérieur de ce collège où sont mis à nu les petits et les grands désespoirs.

Quelques morceaux choisis : 

"A peine entré dans ce petit bâtiment en pierre de taille du XIXè siècle, l'odeur me surprit, un mélange de craie, de poussière et de bois humide. Aucun souvenir ne me vint à l'esprit. juste une sensation étrange, emplie de mélancolie et d'appréhension à la fois, aussi familière qu'indistincte."

"L'autorité n'est pas acquise d'entrée de jeu, elle se mérite et se fonde sur le partage. Et ça, ils vous le font vite comprendre."

"Cela soulagea ma dépression que le vide autour de moi avait laissé naître."

"(...) J'étais heureux d'aller à l'école. Celle faite de coeurs et non de cours."

"Et puis seule comptait l'affection que m'inspiraient les enfants. Ce sentiment, dans toute sa sincérité et son désintéressement, se révéla être le meilleur bouclier, la meilleure parade contre toute agression."

"Pareillement, naissait un sentiment d'appartenance à l'école, à ces enfants. Il y avait de la fraternité dans cette affection. Petit à petit, par la force des choses, nous nous appropriions mutuellement."

"La vie me nomma gardien, un temps, d'un univers qui ne se laisse pas capturer, dont aucun témoignage, aucune photo, ne restituera la réalité. Un monde fermé aux adultes, à ceux-là mêmes qui ont trop souvent oublié l'avoir connu, il y a longtemps."

"En ayant aidé à l'envol des enfants et veillé sur leurs mues, j'avais construit le cercueil de ma propre adolescence. Ma jeunesse pouvait enfin reposer en paix."





lundi 26 février 2018

Le Palais Royal est un beau quartier...

  

La création de la Place du palais Royal remonte au XVIIe siècle lors de la construction dudit Palais Royal pour Le Cardinal de Richelieu. Elle a ensuite été agrandie sous le Second Empire lors du percement de la rue de Rivoli.

On y trouve une œuvre qui a fait et continue de faire polémique : les colonnes de Buren (aussi appelées "Les deux Plateaux")

Alors sacrilège ou génie ? ;)

 






dimanche 7 janvier 2018

Hier encore, c'était l'été ! de Julie de LESTRANGE


C’est la vie d’une bande d’amis depuis l’enfance qu’on a l’impression de connaître et dont on aimerait faire partie. J’attends la suite avec impatience Julie de Lestrange !😉

"Cependant, en la regardant marcher avec difficulté, il réalisa que même si tous les sujets étaient épuisés, viendrait un jour prochain, lointain ou pas, où il aurait de nouvelles choses à raconter et où il n'y aurait plus personne dans cet appartement pour l'écouter.
- Je reste déjeuner !
Il devinait le sourire sur le visage ridé et fut heureux de l'avoir provoqué !"

"Le temps passait et ce qui les rapprochait autrefois disparaissait peu à peu dans le groupe de leurs différences."

"Aucune île au monde, aucun palmier ne pouvait égaler les moments passés au chalet de l’amitié. Été comme hiver, que ce fût entre amis ou en famille, la vie s’y écoulait avec allégresse, chaque génération reproduisant fidèlement cet esprit de bonheur simple insufflé jadis par les grands-parents. Pour tous, ces moments-là étaient sacrés."

"Ce n'est pas que les gens ont peur de vieillir, c'est qu'ils ont peur de mourir."

"Alexandre adorait sa grand-mère. Plus que n'importe quelle autre personne.. elle représentait l'enfance, le cocon rassurant, les histoires que l'on se fait lire sur les genoux, les câlins contre le sein et les vacances. En un mot : l'amour.
Le vrai, celui qui donne force et confiance.
Elle s'était tant occupée de lui qu'il considérait qu'elle l'avait en partie élevé."

"La vérité était difficile à admettre et reposait sur le sentiment inavouable qu'un décalage s'était insidieusement installé entre les deux amis. Personne n'était à blâmer, mais les faits étaient là."

"La dépression était un mal terrible qui jetait son ombre gluante sur ses proies pour ne les lâcher que très rarement."

"Même si l’on meurt en même temps, on meurt toujours seul. On ne fait pas de cercueil à deux place."








samedi 6 janvier 2018

Enfants sur la plage de St Jean-de-Luz


"La mer est le seul endroit où crier de joie est possible sans que personne demande de baisser la voix, peut-être parce que la mer est le seul endroit où chacun de nous se sent pareil au jour où il l'a découverte. Se sent la plupart du temps, un enfant." 

Véronique OLMI "Cet été-là"

mercredi 3 mai 2017

"Le garçon en pyjama rayé" de John BOYNE

Livre classé "littérature de jeunesse" que j'ai vraiment beaucoup aimé. Je l'ai lu par hasard (sic!) et ne savais pas de quoi il était question.

La 4è de couverture : "Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre, car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devrait pas exister."

Je joue donc le jeu et n'en dévoile pas plus. À lire dès 12 ans et jusqu'à ce que vos yeux s'éteignent.


mercredi 19 avril 2017

Les Alignements de Carnac

Les sites mégalithiques de Carnac sont inscrits sur la liste de l'UNESCO. Depuis 1991, ils sont protégés car fragilisés et le public ne peut les approcher que sous certaines conditions. 


Quand j'étais enfant, nous jouions dessus, inconscientes des dommages que nous risquions de leur causer.

En effet, ces dolmens et autres menhirs sont vieux de 4500 ans avant notre ère ! Les légendes qui tentent d'expliquer leur présence sont nombreuses. Scientifiquement, c'est la théorie d'une fonction sacrée ou funéraire qui est retenue.

Ici, ce sont les alignements du Ménec (à l'Ouest de Carnac) qui constituent l’ensemble de mégalithes le plus représentatif : 1099 menhirs sur 11 files !
Ils commencent par un cromlech de 71 blocs, où le village s'est construit.

De bien jolies photos à voir aussi chez Balbuzard !



La fontaine du Ménec

J'ai lu une très jolie citation d'un certain Jean-Yves YVEN : "Les menhirs vivent la nuit et le jour, ils se reposent sur leurs secrets."

lundi 17 avril 2017

Saint Goustan, le petit port d'Auray


Saint Goustan, petit port typique d'Auray est un lieu incontournable depuis je suis toute petite. 

On aime s'y retrouver à n'importe quelle saison, se perdre dans ses ruelles, étancher notre soif à ses bistrots, admirer les bateaux, s'arrêter sur ses bancs, rêver dans les petites boutiques ou les ateliers d’artistes, déambuler le long de la rivière d'Auray ou encore gravir les rampes du Loch jusqu'aux ruines du château.

 L'hermine, un des symboles de la Bretagne. "Plutôt la mort que la souillure" soit "Kentoc'h mervel eget bezan saotret"




 Entrelacs de glycine et de clématite



 Le quai Franklin

En partir pour mieux y revenir...

samedi 11 juin 2016

Douce enfance


''Il y a toujours quelque chose à faire pour adoucir la vie d'un enfant, ne serait-ce que de l'aimer encore plus...''
Ginette Quirion

vendredi 10 juin 2016

Enfance de l'art


"Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.)" Antoine de Saint-Exupéry

jeudi 7 avril 2016

Capter l'éphémère...

"Les meilleures choses dans la vie sont souvent invisibles. C'est pour cette raison que nous fermons les yeux quand nous embrassons, rions et rêvons."

Mes nièces chéries

dimanche 27 décembre 2015

Insouciance...

Parce que l'enfance devrait être le berceau de l'insouciance, des rêves, des jeux naïfs et des premières amours.

(Photo prise à Saint-Florent)

mardi 22 décembre 2015