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samedi 10 août 2019

"Le Livre des Baltimore" de Joël DICKER


Sitôt ouvert, vous ne pouvez plus le lâcher ! Je l'ai acheté après avoir lu "La vérité sur l'affaire Harry Québert" que j'avais vraiment aimé. Là, le suspens est comparable.

C'est l'histoire de la famille Goldman, celle qui vit à Montclair et celle qui réside à Baltimore.
La première est une famille toute simple et l'autre, une à qui tout réussit : "bénie des dieux". Puis soudain, c'est le drame...
Le récit est écrit par le fils Goldman de Montclair qui voue un amour et une admiration sans bornes aux Baltimore. Les relations se nouent, s'intensifient avec le temps et nos nerfs sont mis à rude épreuve. Qu'a-t-il bien pu se passer ?
Génial !

Quelques morceaux choisis :

"Ne nous abaissons pas à fréquenter la médiocrité, car c'est une maladie contagieuse."

"En même temps qu'elle avait mis des étoiles dans ma vie, elle avait instillé une inquiétude : celle de la perdre."

"Dans vingt ans, les gens ne liront plus. C'est comme ça. Ils seront trop occupés à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous savez Goldman, l'édition c'est fini. Les enfants de vos enfants 
regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des Égyptiens. Ils vous diront : "Grand-père, à quoi servaient les livres?" Et vous leur répondrez : " A rêver. Ou à couper les arbres, je ne sais plus." A ce moment-là, il sera trop tard pour se réveiller : la débilité de l'humanité aura atteint son seuil critique et nous nous entretuerons à cause de notre bêtise congénitale (ce qui d'ailleurs est déjà plus ou moins le cas)."

"Il y a eu une époque où les vedettes de l'Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd'hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux-mêmes ou leur assiette."

"Beaucoup d'entre nous cherchons à donner un sens à nos vies, mais nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinées : aimer, être aimer et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu."

"Les regrets sont un concept que je n'aime pas : ils signifient que nous n'assumons pas ce que nous avons été."

"La passion n'a rien à voir avec l'amour. La passion est un no man's land, une zone de guerre bombardée, située quelque part entre la douleur, la folie et la mort."





lundi 5 août 2019

"Alors vous ne serez plus jamais triste" de Baptiste BEAULIEU


Un médecin quadragénaire, inconsolable depuis la mort de sa femme décide de mettre fin à ses jours. Mais il rencontre une vieille dame un peu excentrique qui va essayer de l'en dissuader.
L'intérêt de l'histoire n'est pas vraiment dans le fait de savoir si elle réussira ou non mais dans la relation qu'ils vont nouer pendant le laps de temps qu'elle a réussi à lui soutirer.

Un formidable roman plein de poésie, de vérités, de philosophie, d'optimisme et surtout d'humour !

Quelques morceaux de mon choix :

"La Lune continue-t-elle d'exister quand je ne la regarde pas?

"-Et j'ai des mouchoirs , si vous voulez pleurer.
- Il en faudrait trop.
- J'ai une serviette dans le coffre, elle servait pour les chiens.
- Ils pleuraient ?
- Non, ils empestaient ! Imaginez deux gros labradors fous et excessifs, ajouta la vieille dame. Un jour, j'ai lancé un morceau de bois, ils m'ont rapporté un arbre !"

"Ce n'est pas une fois qu'on a fait dans son pantalon qu'il faut serrer les fesses !"

"Tous les silences ne font pas le même bruit."

"La magie existe, il faut la faire soi-même. Heureusement, la poésie aide beaucoup."

"Ne craignez pas la tristesse, mon petit, elle est la trace éclatante que quelque chose de beau a existé!"

"-Tous les médecins ont un costume : ça nous est livré en même temps que le stéthoscope, la condescendance et l'écriture hiéroglyphique."

"Il aurait pu parler des mille et une autres choses qu’elle ne ferait plus, mais le silence, c’était déjà la mort, alors il ne parlait pas beaucoup. Se taire était une diagonale tendue vers elle."

"La solution contre le racisme, c'est le panda, affirma-t-elle sans aucune transition. Imaginez les hommes transformés en panda... Nous serons tous gros, noirs, blancs et asiatiques. Imparable."


mercredi 30 janvier 2019

"Fendre l'armure" d'Anna GAVALDA


Recueil de nouvelles paru en 2018, meilleur que « je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » au titre si évocateur qu’il m’avait finalement un peu laissée sur la faim.
« Fendre l’armure » ressemble 7 nouvelles totalement différentes écrites pas des femmes ou des hommes à la première personne. 
Le lien : la blessure. Très bon recueil !

Quelques jolies phrases :

« J’te jure, la préf de Bobigny à côté, c’était la ferme Playmobil. »

« Il s’est levé et j’ai vu qu’il avait pas du tout le physique de ses pieds. »
« Parce que toute cette ribambelle de petits poèmes tactiles c’était très joli, mais c’était typique un truc de drague super bien rodé. »
« Quand les gens vous font rire et même s’il a beau le nier, le cœur est déjà baisé. »
«Bon. Je buvais trop d’alcool. Je n’ai pas envie de m’étendre sur ce sujet, ceux qui savent savent et n’ont pas besoin qu’on leur raconte avec quel génie le cerveau se met au service du coude et ceux qui ne savent pas ne peuvent pas comprendre. Il arrive un moment où l’on prend conscience que l’alcool (et toutes les pensées qui en découlent, se battre, résister, marchander, céder, nier, gagner du terrain, lutter, négocier, pavoiser, capituler, culpabiliser, avancer, reculer, trébucher, tomber, perdre) est l’occupation la plus importante de la journée. Pardon. Est la seule occupation de la journée. Ceux qui ont une fois, ou plusieurs, mais toujours en vain, tenté d’arrêter de fumer auront une vague idée de la misère morale dans laquelle nous plonge l’inanité d’une telle relation entre soi et soi-même à la différence près, et quelle différence, que fumer n’est pas un acte honteux aux yeux du monde. »
« –Si j’avais su que je l’aimais autant, je l’aurais aimé encore davantage. »
« Grâce à lui, j’ai rencontré Bernard qui a perdu un fils du même âge que le nôtre. Lui, sa femme l’a quitté par-dessus le marché. Il a essayé de se foutre en l’air deux fois et puis en fin de compte y s’est remarié. Comme il dit, ça revient à peu près au même sauf que ça lui fait plus d’emmerdements. »
« Y va pas passer le reste de sa vie à lire des bêtises et à empiler des briques sur un écran de télé, merde ! »
« Je lui ai laissé mon blouson. J’ai dépiauté deux morceaux de sucre que j’avais récupérés dans un self et je les ai glissés dans la poche intérieure. Pour la route. Le trou a été vite rebouché. C’était pas un gros chien. »
« J’éprouve un haut-le-cœur en poussant la porte. D’une fois sur l’autre, j’oublie à quel point je hais le McDonald’s. Cette odeur… Cette odeur de graillon, de laideur, de cruauté animale et de vulgarité mélangés. Pourquoi les serveuses se laissent-elles ainsi enlaidir ? Pourquoi porter cette visière insensée ? Pourquoi les gens font-ils si docilement la queue ? Pourquoi cette musique d’ambiance »
Et tellement d’autres !😊

dimanche 27 janvier 2019

"Miss Jane" de Brad Watson



Un roman à dévorer ! C'est l'histoire de Jane, une petite fille née avec une infirmité dans une ferme en Amérique en 1915.
C'est le roman de la pudeur, de la force de caractère et de la ruralité. 

Quelques beaux passages : 
"Tu fais jamais ça avec les animaux ? Tu restes là et tu les regardes sans rien dire, et tu laisses le silence s'installer jusqu'à que tu te mettes à tout entendre, tout ce que tu entendais pas avant d'avoir fait le calme en toi, et alors tu vois que les animaux se calment aussi."
"Elle ne craignait pas les serpents, pas même les venimeux, persuadée qu’ils ne la mordraient jamais si elle les laissait tranquilles. Les moustiques, pour une raison qui leur appartenait, ne la piquaient pas, bien qu’elle ne prît contre eux aucune protection."
"Tu sais quel est le surnom donné à ce type d'accouplement, pour les oiseaux ? On l'appelle "baiser cloacal". Tu ne trouves pas cela charmant ?"

jeudi 16 août 2018

"Chanson douce" de Leïla SLIMANI


Un livre passionnant et troublant à la fois. 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce livre, je ne vais pas dire grand chose car l'histoire commence par la fin et Leïla SLIMANI détricote l'intrigue et nous transporte du quotidien vers l'horreur. Absolument tout le contraire de ce que peut nous laisser présager la couverture et le titre. 

Quelques phrases intrigantes : 

"Elle était jalouse de son mari. Le soir, elle l'attendait fébrilement derrière la porte. Elle passait une heure à se plaindre des cris des enfants, de la taille de l'appartement, de son absence de loisirs. Quand elle le laissait parler et qu'il racontait les séances d'enregistrement épiques d'un groupe de hip-hop, elle lui crachait: "Tu as de la chance".
Il répliquait:"Non, c'est toi qui a de la chance, je voudrais tellement les voir grandir."
À ce jeu-là, il n'y avait jamais de gagnant. "

"En comptant les heures supplémentaires, la nounou et toi vous gagnerez à peu près la même choses. Mais enfin, si tu penses que ça peut t'épanouir..."
Elle a gardé de cet échange un goût amer."

"On lui a toujours dit que les enfants n'étaient qu'un bonheur éphémère, une vision furtive, une impatience. Une éternelle métamorphose. "

  "Tu vois, tout se retourne et tout s’inverse. Son enfance et ma vieillesse. Ma jeunesse et sa vie d’homme. Le destin est vicieux comme un reptile, il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe."

"On se sent seul auprès des enfants. Ils se fichent des contours de notre monde. Ils en devinent la dureté, la noirceur mais ne veulent rien savoir. "

"La vie est devenue une succession de tâches, d'engagements à remplir, de rendez-vous à ne pas manquer. Myriam et Paul sont débordés. Ils aiment à le répéter comme si cet épuisement était le signe avant-coureur de la réussite. "

"Nous ne serons heureux, se dit-elle alors, que lorsque nous n’aurons plus besoin les uns des autres. Quand nous pourrons vivre une vie à nous, une vie qui nous appartienne, qui ne regarde pas les autres. Quand nous serons libres. "

"Elle marchait dans la rue comme dans un décor de cinéma dont elle aurait été absente, spectatrice invisible du mouvement des hommes. Tout le monde semblait avoir quelque part où aller."

"Elle voudrait élargir l'horizon de ces enfants voués à devenir des gens corrects, à la fois serviles et autoritaires. Des froussards. "

"On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière. "

"Elle doit admettre qu’elle ne sait plus aimer. Elle a épuisé tout ce que son cœur contenait de tendresse, ses mains n’ont plus rien à frôler."

"Son visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses. "

mardi 5 juin 2018

"Juste après la vague" de Sandrine COLLETTE


Un roman approprié en ce moment !

Le monde a été englouti suite à une vague géante causé par un volcan. Neuf enfants et leurs parents sont juchés en haut de la colline où se situe leur maison. Autour d'eux : rien que de l'eau... Ils sont seuls, depuis 6 jours, personne n'est venu. Les denrées se font rares : il va falloir prendre une terrible décision...

Un roman qui met mal à l'aise, l'horrible succède à inattendu, à l'insupportable. On ne peut pas rester insensible.

Quand même de jolies phrases :

"La mort qui approche en tenant les regrets par le bras..."

"Est-ce donc lui qui la rend si transparente ? Si c'était son regard à lui qui ne savait plus la voir."

"Elle a juste perçu le très léger déchirement à l'intérieur, jusque dans les vibrations de son corps, une partie sur le bateau avec six enfants, une partie qui reste sur l'île avec les trois autres."

"Trois petites erreurs. Et puis s’en vont."

"Pas besoin de mots pour entailler l'âme et la chair n'est-ce pas, le silence suffit, quand il se charge de tant de choses."

dimanche 21 janvier 2018

Rachid KHIMOUNE à l'Artsenal de Dreux


 Rachid KHIMOUNE expose à l'ArTsenal de Dreux jusqu'au 1er avril 2018.







 Abbey Road
 Vélobipède : hommage à Van Gogh



 La Kabyle

 Je ne vois rien, je n'entends rien, je n'entends rien

 Démon de la musique

 Ali Bobar

 Poisson dans bocal


Tortue américaine

Prise de tête
Strange Fruit en hommage à Billie Holiday, que l'on entend en fond sonore : bouleversant.

 

lundi 17 avril 2017

Saint Goustan, le petit port d'Auray


Saint Goustan, petit port typique d'Auray est un lieu incontournable depuis je suis toute petite. 

On aime s'y retrouver à n'importe quelle saison, se perdre dans ses ruelles, étancher notre soif à ses bistrots, admirer les bateaux, s'arrêter sur ses bancs, rêver dans les petites boutiques ou les ateliers d’artistes, déambuler le long de la rivière d'Auray ou encore gravir les rampes du Loch jusqu'aux ruines du château.

 L'hermine, un des symboles de la Bretagne. "Plutôt la mort que la souillure" soit "Kentoc'h mervel eget bezan saotret"




 Entrelacs de glycine et de clématite



 Le quai Franklin

En partir pour mieux y revenir...

dimanche 8 janvier 2017

"Les Brumes de l'apparence" de Frédérique DEGHELT


Un magnifique roman sur les choix de vie, l'amour, la mort, l'amitié, les croyances, les religions... Une fois commencé, on ne peut plus le lâcher !

Quelques citations :
"Il était mon homme, mon mari, mon amant, mon habitude aussi... Mon... Ce petit mot qui prône l'appartenance et couve l'ignorance."

"Refuser, c'est ne pas être prêt à accueillir ce qui vient. Et ce qui vient le sait, alors il s'en va, sans nous avoir abordé."

"La vie, ce n'est pas les molécules mais les liens qui existent entre elles." Pr Linus Pauling

"On peut tout entendre d'une amie. Si ce n'est la silence de sa désertion. Ta trahison me fragilise car elle induit la crainte d'un désistement des autres. De ces êtres qui comptent et dont il faut prendre soin."

"L'amour des autres, le vrai, n'a rien à voir avec la tendance flasque à aimer ou à accepter l'affection de n'importe qui. L'amitié est une considération humaine profonde, une prédisposition à être relié à la lumière d'un être différent de toi."

"Vos disputes viennent presque toujours de ce que vous ne vous entendez pas sur les mots, parce que votre langage est incomplet pour les choses qui ne frappent pas vos sens." Allan Kardec
"La cécité non répertoriée des intransigeants."

"Je quitte celle qu'il aimait pour me trouver."

"Plus on prête attention aux coïncidences plus elles se produisent." Nabokov

"Les amis réparent les blessures irrémédiables."

"Je préférais la folie de mes fantômes à la raison bornée des vivants ignorants."

"On ferme les yeux des morts avec douceur, c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants." Jean Cocteau

"J'ai fini par considérer que la période de l'adolescence est une immense traversée d'un désert surpeuplé de mauvaise foi et d'incompréhension à sens unique."

"Ce que nous appelons le hasard n'est et ne peut-être que la cause ignorée d'un effet connu." Voltaire

"Je découvre que l'odeur, comme en amour, est la première trace tangible et presque indicible de l'émoi."

"Je ne vais pas user de la stupidité à la mode consistant à regarder tout ce qu'on ne peut pas expliquer comme une fraude." Carl Gustav Jung

"Ma mère ne m'a pas appris grand-chose et le reste elle me l'a caché ! Au final, ça ne fait pas beaucoup de transmission."

"Il est des choses à côté de l'intelligence de l'homme et pour lesquelles notre langage , borné à nos idées et à nos sensations, n'a pas d'expressions."

"Le doute est une chose terrible parce qu'on ne sait pas très bien comment il grandit ni à quel moment il fout en l'air toutes nos certitudes. Mais ce dont on peut être sûr, c'est que pour l'éliminer, il faut aller le chercher à sa racine. La fragilité qu'induit en nous le doute finit par peser comme une enclume. "

"Vous les voyez, vous ?
- Qui ?
- Les morts.
- Les âmes, vous voulez dire ? Je les entends. Je les sens parfois, si elles ne disent rien et ne désirent pas communiquer.
- Alors je ne serai plus jamais normale ?
- L'étiez-vous ? Vivre sans savoir ce qu'on fout là, où on va se retrouver après, pourquoi on est venu, ça vous paraît normal comme postulat ? "

"- L'amour est la seule chose qui vaille la peine qu'on s'y attarde. En tout cas celui qu'on porte aux autres. Pas celui que l'on mendie. Et tu sais pourquoi ?
- ... ?
- Parce que c'est la seule chose qu'on emmène dans la mort. C'est ce qui survit de part et d'autre."

"Je photographie l'endroit, pousse un juron devant l'absence de réseau, enrage de ne pouvoir lui envoyer tout de suite et réalise la bêtise de notre monde de l'immédiateté. Vivre en différé, attendre, perdre du temps, de l'espace : un luxe ce que je ne connais plus.Tout, tout de suite, à portée de main, d'ordinateur, du regard, de compréhension. Monde du non-désir, tout avoir et ne plus rien sentir. "
"Je vais vivre et non plus exister. Il existe un sourire réservé à ceux qui savent. "

" La matière est faite de particules mouvantes, tout comme la lumière, l'énergie et les esprits. Ce qui se passe dans un atelier est mille fois plus magique qu'on ne l'imagine en voyant le résultat. Avec les années et le recul, je m'aperçois que la vie est comme un tableau, on y voit ce qu'on ne croyait pas y avoir peint. Même quand on s'intéresse plus à l'ensemble qu'au détail. Moi-même, en tant qu'artiste, je conçois pour que ce soit vu, mais j'ai appris à ne plus faire confiance à mes yeux. Si l'on doit admettre que ce qui ne se voit pas n'existe pas et ne mérite pas de nom, alors notre naïveté est sans bornes ..."

"Les nuits ne sont belles qu'éclairées d'un rayon de lune, la pénombre n'est sensuelle qu'à la douceur d'une clarté qui la rend possible. Nous n'aimons le noir absolu que lorsqu'il s'éclaire."

samedi 12 novembre 2016

"La Fille de Brooklyn" de Mussot

Les détracteurs de Mussot, épargnez-moi votre couplet, je le connais...



Ce dernier roman de Mussot m'a semblé d'emblée différent car je n'ai pas ressenti la même piqûre enivrante qui me lie à l'un de ses livres habituellement. Puis, comme je n'aime pas ne pas finir les livres, même s'ils sont décevants, j'ai poursuivi. Et je n'ai pas été déçue ! On part d'une rupture amoureuse en passant par la maltraitance infantile pour finir en pleine élection présidentielle américaine (sic) et c'est bon !! Parfois même très émouvant. Alors, une fois de plus Mussot : j'adhère ! 

Quelques phrases qui me touchent :
"Je suis cette fille solaire qui court sur le sable tiède de Palombaggia. Je suis le vent qui fait claquer les voiles d'un bateau en partance. La mer infinie de nuages qui donne le vertige derrière le hublot. Je suis un feu de joie qui brûle à la St Jean. Les galets d'Etretat qui roulent sur la plage. Une lanterne vénitienne résistant aux tempêtes.
Je suis une comète qui embrase le ciel. Une feuille d'or que les rafales emportent. Un refrain entraînant fredonné par la foule. Je suis les alizés qui caressent les eaux. Les vents chauds qui balaient les dunes. Une bouteille à la mer perdue dans l'Atlantique.
Je suis l'odeur vanille des vacances à la mer et l'effluve entêtant de la terre mouillée. Je suis le battement d'ailes du bleu-nacré d'Espagne. Le feu follet fugace qui court sur les marais.
La poussière d'une étoile blanche et trop tôt tombée"

"Les appareils photos, ces machines cruelles à créer de la nostalgie. (...) Tels des fusils à double détente, ils n'atteignaient souvent leur cible que des années plus tard, mais touchaient toujours le cœur. Car, dans nombre d'existences, rien n'est plus fort que le passé, l'innocence perdue et les amours enfouies. Rien ne nous remue plus les tripes que le souvenir des occasions manquées et le parfum du bonheur qu'on a laissé filer. "

"Avoir un enfant est un antidote à cette nostalgie et à cette fraîcheur fanée. Avoir un enfant vous oblige à vous délester d'un passé trop lourd, seule condition pour vous projeter vers demain. Avoir un enfant signifie que son avenir devient plus important que votre passé. Avoir un enfant, c'est être certain que le passé ne triomphera jamais sur l'avenir".

"Ce ne sont pas les liens du sang qui fondent les familles. "

"Les livres ont une singularité qui confine à la magie : ils sont un passeport pour l'ailleurs, une grande évasion. Ils peuvent servir de viatique pour affronter les épreuves de la vie. "

"J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence"
Anatole France

"– L’État de droit est une chimère. Depuis la nuit des temps, le seul droit qui existe, c’est le droit du plus fort."

"-Vous savez comment se comportent les hommes politiques lorsqu'ils arrivent au pouvoir, Raphaël ? Ils ont souvent la tentation d'écarter tous ceux à qui ils doivent leur victoire. C'est tellement plus rassurant de croire qu'on y est arrivé seul."