vendredi 27 juillet 2018

"Au petit bonheur la chance" d'Aurélie VALOGNES


Une très jolie histoire de famille qui se passe à Granville, pleine de douceur et de bonheurs simples. J'ai beaucoup aimé !

"Parce que derrière chaque imprévu de la vie se cache une chance d'être heureux!" C'est ce que nous dévoile une partie de la 4è de couverture.
En 1968, Jean est confié vite fait par sa mère à sa grand-mère. Ce devait être pour l'été le temps qu'elle leur trouve un "chez eux" et un travail...

Quelques moments choisis :

"Entre eux, de toute façon, c'est plus fort qu'une histoire d'amour. C'est une histoire de vie, une tranche épaisse et généreuse d'amitié, débordante de crème et de beurre, où l'amour, celui qui finit mal en général, n'a pas sa place. Entre eux, rien ne finira jamais. "

"Ceux que tu aimes le plus vont et viennent, repartent et reviennent. En prenant un bout de ton cœur à chaque fois. Mais tu ne vas pas te priver d'aimer de peur de devoir souffrir un peu? Tout ce bonheur ne vaut-il pas un petit pincement au cœur? "

"Une vraie famille, c'est aussi quand on se sent à l'aise même sans rien se dire, sans rien faire de particulier. Ensemble, tout simplement. "

"Il est de retour chez lui, il a grandi, et il peut encaisser, toujours plus. Il n’a plus peur. Les chances d’être heureux sont là, partout, il suffit de les respirer, comme l’air frais marin, et d’en embellir leurs vies. "

"Jean la serre dans ses bras : son odeur de savon à la lavande mêlée au pain perdu beurré l'entête. Ce parfum-là restera comme celui de son bonheur avorté. Celui de l'enfance qui s'achève, avec ses illusions. "

"Lucette n'a pas beaucoup de sous, les repas sont simples, mais riches d'amour. Cela doit être ça, "le secret" des recettes de grand-mères."

"Jean a toujours préféré les crayons à papier. Il passe son temps à les tailler et à sniffer les copeaux dans le réservoir du taille-crayon. Rien de mieux pour le jeune rêveur que l'odeur du bois fraîchement coupé : il n'a qu'à affûter la mine pour se retrouver en pleine forêt de cèdres. Le mieux, c'est encore qu'on a le droit de gommer. Là encore, la gomme a un parfum magique. Surtout les bicolores, avec leur côté bleu qui fait des trous dans les feuilles : au moins, la faute, on ne la voit plus ! Mais le top du top olfactif, c'est le petit pot de colle blanche avec sa pelle miniature glissée au centre. La reine des colles : Cléopâtre. "

"- On ne choisit pas les surprises de la vie, mon petit. On fait avec, et souvent, c'est pour le meilleur.
- C'est ça la foi, Mémé ?
- Non, ça, c'est la vie. "

mardi 5 juin 2018

"Juste après la vague" de Sandrine COLLETTE


Un roman approprié en ce moment !

Le monde a été englouti suite à une vague géante causé par un volcan. Neuf enfants et leurs parents sont juchés en haut de la colline où se situe leur maison. Autour d'eux : rien que de l'eau... Ils sont seuls, depuis 6 jours, personne n'est venu. Les denrées se font rares : il va falloir prendre une terrible décision...

Un roman qui met mal à l'aise, l'horrible succède à inattendu, à l'insupportable. On ne peut pas rester insensible.

Quand même de jolies phrases :

"La mort qui approche en tenant les regrets par le bras..."

"Est-ce donc lui qui la rend si transparente ? Si c'était son regard à lui qui ne savait plus la voir."

"Elle a juste perçu le très léger déchirement à l'intérieur, jusque dans les vibrations de son corps, une partie sur le bateau avec six enfants, une partie qui reste sur l'île avec les trois autres."

"Trois petites erreurs. Et puis s’en vont."

"Pas besoin de mots pour entailler l'âme et la chair n'est-ce pas, le silence suffit, quand il se charge de tant de choses."

Milo ou la torpeur


"Le sommeil c'est comme un chat : il ne vient vous voir que si vous l'ignorez." Gillian Flynn dans "Les Apparences"

dimanche 3 juin 2018

"Pietra Viva" Léonor de Récondo

          Je prends les romans de Léonor de Récondo complètement dans le désordre ! Tout d'abord "Amours" puis "Point cardinal" et maintenant : "Pietra Viva", qui date de 2013 mais peu importe car ils sont tous émouvants et je retrouve la plume délicate et sensible avec un plaisir accru à chaque fois. 

Ce dernier nous plonge dans l'univers de Michel-Ange et c'est presqu'à regret que la lecture se termine. L'histoire commence par le décès d'un moine dont la beauté pure fascinait le maître. Bouleversé, il part à Carrare sélectionner les marbres pour le tombeau du Pape Jules II : La Pietà. Là-bas, il rencontrera un jeune garçon qui le fera plonger au plus profond de lui-même, dans sa propre enfance.




Depuis toute petite, je suis plongée dans l'univers de l'Art sous toutes ses formes (merci Maman!).
Plusieurs fois par jour, nous passions, ma soeur et moi, devant la réplique de 20 cm de la statue de Moïse par Michel Ange qui trônait dans les escaliers. 


Bien sûr, nous ne savions pas qui c'était : je m'imaginais tour à tour qu'il s'agissait de Dieu puis finalement du diable car il avait de petites cornes ! J'étais trop jeune pour m'intéresser à son auteur mais en lisant "Pietra Viva", cette statue m'est revenue en mémoire non sans une certaine nostalgie.

Plus tard, c'est Rodin qui m'a conquise par la pureté des lignes des corps sur des oeuvres comme : Le Baiser, Je suis belle, L'Éternel printemps, La Danaïde (...) et bien sûr le Penseur. 


"Pietra Viva" m'a ramenée à "La porte de l'enfer" de Rodin. Vous l'aurez compris, ce livre ne m'a pas laissée insensible et m'a donné encore plus l'envie de connaître et de voir in situ les différents oeuvres de Michel Ange en Italie.



Quelques phrases choisies :

"Dans une pierre vive
L'Art veut que pour toujours
Y vive le visage de l'aimée." Michelangelo Buonarroti

"La mort fait l'éloge de la vie comme celle du jour."

"Michelangelo a tout juste dix-sept ans. Le plus souvent, il se tait et s'abreuve du savoir des autres."

"La carriers ont tout de suite compris qu'il ne s'agit pas seulement d'un simple savoir, mais d'une véritable dévotion. Eux-mêmes n'ont pas abandonné leurs croyances païennes qui donnent vie à al montagne, lient la pierre à la Lune et les poussent à respecter tout ce qui recouvre l'or blanc : les arbres et la terre."

"Il efface de sa mémoire chaque image d'elle. Toute trace disparaît, absorbée par sa pensée obstinée, broyée par sa volonté.
C'est ainsi qu'à six ans, il devient orphelin de mère et de mémoire."

"Le ciel commence là où le sol s'arrête."

"La parfum, c'est le ciel qui s'embrase."

"Elle a raison, les femmes possèdent la force de défier la vie et la mort."

"Ils se laissent alors envahir par cette gaité contagieuse qui, en plus de les rendre complices, les entraîne loin de leurs incertitudes et de leurs souffrances."

"Les voir si amoureusement embrassés, alors qu'il est debout derrière la barrière de bois, le ramène à sa propre solitude, et à sa laideur qui le fait se sentir si seul. L'inadéquation fondamentale entre l'image qu'il a de son âme et son apparence le pousse à vouloir modeler le corps des autres, à s'approprier leur beauté."

"Il découvre la galette dont l'ingrédient secret est cet amour maternel  sans visage." 

"La chevelure de pluie s'est défaite.
De l'orage naît l'espoir infini
D'un amour retrouvé
Qui s'arrache à l'oubli
Pour ressusciter la mémoire de l'enfant
Dans le coeur de l'homme."








Ça bourdonne !


Parfums, couleurs , bourdonnements : tout y est ! Nous sommes presqu'en été...