dimanche 16 août 2020

Flore du Haut Jura en juillet

 Voici la liste non exhaustive des fleurs croisées dans le Haut Jura en juillet 2020. Plus qu'un article scientifique, il faut y voir un herbier numérique me permettant de mémoriser les espèces rencontrées. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai choisi leur nom vernaculaire. Il peut y avoir des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part que je corrige. ;) 

Vue depuis la Dôle sur les Alpes



Véronique à feuilles d'ortie



Vératre blanc


Des trolles


La spirée blanche



Du serpolet


Sauge commune


Rhinante crête-de-coq


Petite astrance


Orchis à deux feuilles


Orchidée gymnadénie moucheron


Orchidée dactylorhize de Fuchs


Oeillet à plumet


Mélilot à petites fleurs 





Le lys Martengon qui est une fleur odorante comme le lys commun et "très gracieuse"


Lin des Alpes


Laiteron des montagnes



Hélianthème à feuilles arrondies



Grande astrance


Globulaires à feuilles cordées


Géranium des bois 


 



Gentianes


Fausse spirée


Épervière velue




Centaurée jacée


Cirse ananéeux


Champ de coquelicots



Campanules à fleurs agglomérées

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Campanules à feuilles en losange


Bleuet des montagnes


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Bistorte


Forcément de la berce commune


 
Astilbe du Japon


Aster des Alpes


Anémone des Alpes


Aconit Tue-loup

mercredi 3 juin 2020

Vu de Serge Joncour


La vie quotidienne pas si banale d'une famille de paysans et une critique acerbe des médias. Truculent et burlesque à souhait. Un roman de Serge Joncour qui m'avait échappé ! Une vraie gourmandise.

Un passage qui m'a plu et il y en a pléthore !
"Misère que toutes ces sécrétions, des fluidités de toutes sortes, émanations d'autant plus discriminantes que c'est au raffinement du camouflage que s'avère la véritable stature sociale. De ce point de vue, comme on le dit dans la famille, mieux vaut sentir mauvais que l'eau de Cologne à dix sous. [...] dès lors qu'on est en voiture ressort de chacun une part d'animalité contre laquelle on ne peut rien. Et bien qu'il existe toute une cosmétique automobile, un tas de dispositifs qui vont du feu rouge qui pendouille au sapin au menthol, de la rose sucrée à la chlorophylle en barres, pour subtils qu'ils soient, tous ces petits subterfuges dénoncent bien plus qu'ils ne parfument vraiment. C'est pourquoi nous autres, nous qui respectons trop les roses pour leur demander de couvrir nos odeurs de pieds, après vingt kilomètres de route on commençait à souffrir vraiment. Quoi q'on fasse, à six dans une voiture, ça a vite fait de sentir le confiné, d'autant que nous n'avions pas le droit d'ouvrir les vitres, ni la moindre aération, sans quoi le chignon de la grand-mère menaçait déconstruction."

dimanche 26 avril 2020

"Miroir de nos peines " de Pierre Lemaitre


"Miroir de nos peines" est le dernier opus de la trilogie "Les enfants du désastre". Ce dernier roman, comme les deux autres, on le lâche avec peine. Il se passe pendant l'exode du début de la seconde guerre mondiale.
Il s'ouvre, comme les deux autres sur un drame qui va entraîner inéluctablement la rencontre de chacun des personnages. On le sait maintenant, c'est comme ça qu'il procède Lemaitre. Alors, on échafaude, on imagine quels pourraient être les liens qui vont se tisser entre ces héros du quotidien qui n'ont rien a priori en commun ?
Un seul regret : c'est le dernier d'un trilogie. On ne retrouvera plus ces histoires de personnages attachants perdus dans l'histoire de France. 

Quelques passages retenus : 

"Alors, jeune homme, comment voyez-vous votre travail dans ce service ?
-A, E, I, O, U" avait répondu Désiré.
Le sous-directeur, qui connaissait son alphabet, se contenta d'un regard interrogatif. Désiré reprit :
"Analyser, Enregistrer, Influencer, Observer, Utiliser. Dans l'ordre chronologique : j'Observe, j'Enregistre, j'Analyse, et j'Utilise pour Influencer. Influencer le moral des Français. Pour qu'il soit au plus haut."

"L'hospice des enfants assistés était situé au, 100 rue d'Enfer, on se demande parfois où l'administration a la tête."

"Le crépuscule qui en faisait souvent trop, donnait à cet instant une gravité poignante."

"Ce n'était pas un non catégorique, ça ressemblait plutôt à un oui conditionnel."

"Louise soupira, il était comme ça, bourru au-delà du raisonnable, rien à faire, ça n'était pas une guerre mondiale qui le ferait changer. "

"C'étaient les grosses larmes d'un gros homme au coeur lourd."

"J'étais un gros tu comprends. C'est très spécial, les gros. On adore se confier à eux, mais c'est jamais d'eux qu'on tombe amoureux."

"Quitte à me damner, autant que ce soit dans vos bras."

"En attendant de mourir pour la patrie, il s'emmerdait."

"La pente de la confidence n'était pas naturelle à Raoul et évoquer ce courrier, c'était parler de son contenu. Il n'aimait pas cela. Il y a des enfants que les coups, les sévices, les malheurs rendent peureux puis lâches. Ils avaient, à l'inverse, renforcé le caractère de Raoul, faisant de lui un être résistant jusqu'à la provocation et barricadé entre les atermoiements et les épanchements. Mais cette lettre, comme tombée du ciel, avait créé en lui une sorte de précipité chimique qui le remuait jusqu'à l'âme, l'effet de ce mystère l'agitait, des révélations l'attendaient quelque part sur sa mère, sa véritable mère, et c'était quelque chose à quoi il n'était pas préparé. N'avoir pas de mère, on s'y fait, surtout quand on en a une de substitution que l'on peut haïr. Mais il s'était toujours défendu de penser à l'autre, la vraie, celle qui l'avait... selon les périodes, selon les âges, il disait "abandonné" ou "perdu" ou "protégé" ou "vendu", les versions étaient nombreuses. "

"La misère est une institutrice infaillible."

"Il appert (si on n'utilise pas ce genre de verbe à la fin d'un roman, quand le fera-t-on?) des rares études universitaires qui se sont intéressées à lui, que la période 1940-1945 est (je cite) "le seul îlot de certitude" que l'on puisse avoir à son sujet."




dimanche 19 avril 2020

Petit déjeuner fleuri

365 jours d'inspiration : Le petit déjeuner fleuri.



"Couleurs de l'incendie" par Pierre Lemaitre


Jubilatoire !

Un roman écrit à la Dumas façon "Le Comte de Monte-Cristo". Pierre Lemaitre signe là le deuxième volet "Des Enfants du désastre". Cependant, on peut tout à fait lire "Couleurs de l'incendie" sans avoir lu "Au revoir là-haut" même si c'est dommage de se passer de ce roman incomparable. (magistralement réalisé par Albert Dupontel au cinéma.)

Bref, Madeleine est devenue malgré elle héritière de l'empire financier des Péricourt. A la suite d'un événement cruel et complètement inattendu, elle se retrouve ruinée. A partir de là, elle n'aura de cesse de se venger de ceux qui l'ont spoliée, abusée, prise pour une idiote. L'histoire se passe au moment de la crise de 29 et sur les fondations de la seconde guerre mondiale. 
Vite ! Le troisième volet  !

Quelques phrases que j'ai aimées, souvent drôles parfois grinçantes juste belles comme il y en a tant chez Lemaitre : 

"Il pressa Madeleine un instant contre lui, sans un mot, les grands chagrins sont muets."

"On commencerait à maudire le mort s'il tardait encore à sortir."

"On avait hâte que les choses reprennent leur cours normal d'obsèques officielles, c'est à dire anecdotiques."

"Il pensait qu'Hortense n'aimait pas assez les hommes pour faire des garçons. Il avait deux filles montées en graines, aux jambes maigres, aux genoux cagneux et à l'acné épanouie, qui pouffaient de rire en permanence, ce qui les contraignait à masquer avec la main la denture épouvantable qui faisait le désespoir de leurs parents ; on aurait dit qu'à la naissance un dieu démoralisé avait balancé à chacune une poignée de dents dans la bouche, les dentistes étaient consternés ; sauf à tout éradiquer et à leur poser un râtelier dès la fin de leur croissance, elles étaient promises à vivre derrière un éventail toute leur vie."

"Il n'avait strictement aucune qualité politique, sa mission consistait uniquement à complaire aux électeurs. Davantage par intuition que par réflexion, il avait choisi un domaine extrêmement populaire, susceptible de rassembler très au-delà de son camp, de satisfaire les riches comme les pauvres, les conservateurs comme les libéraux : la lutte contre l'impôt."

"On peut faire souffrir quelqu'un qu'on aime, mais quelqu'un qu'on n'aime pas... non ! C'est bas."

"Un enfant, disait-il, est un bloc de pierre dont l'enseignai est le sculpteur."

"Cette femme brève de seins, de fesses et d'esprit considérait Charles comme un être prodigieux."

"Ce jeune homme disposait (...) des deux qualités indispensables au métier de journaliste : être capable de discourir sur un sujet auquel on ne connaît rien et décrire un événement auquel on n'a pas assisté."

"Il arrive que des hommes aux idées courtes deviennent grands quand les circonstances s'y prêtent."

"Elle se concentrait des heures sur des détails secondaires, sur le Titanic, elle aurait commencé à repeindre les transats.

"Faire fortune avait été épuisant mais rien n'était aussi épuisant que de faire faillite."